Les tomates fraîchement cueillies, encore tièdes du soleil de fin d'été, symbolisent pour de nombreux jardiniers amateurs l'apogée de la récolte potagère. Les producteurs commerciaux et maraîchers, quant à eux, comptent sur des récoltes abondantes de tomates pour assurer leurs revenus saisonniers. Or, une menace redoutable plane sur ces cultures : le mildiou (Phytophthora infestans), une maladie fongique dévastatrice qui s'attaque aussi bien aux jardins familiaux qu'aux exploitations professionnelles. Cette maladie infecte à la fois les tomates et les pommes de terre ; on sait aujourd'hui qu'elle est responsable de la destruction des cultures de pommes de terre en Irlande au milieu du XIXe siècle, provoquant des famines généralisées.
Comprendre la maladie du mildiou
Bien que les spores ne puissent pas survivre à l'hiver dans les régions au climat froid, elles sont introduites au cours de la saison de croissance. Elles hivernent dans les sols infectés qui ne gèlent pas, dans les débris végétaux et dans les tubercules de pomme de terre conservés comme plants de semence. Les climats méridionaux hébergent notamment certaines spores sexuelles à longue durée de vie de cette manière. Par temps frais et humide, le vent et la pluie transportent les spores fongiques sur de longues distances, les nuages les protégeant de la destruction par les rayons ultraviolets. Une fois introduit au jardin, le champignon se propage facilement de plante en plante.
Effets sur le feuillage
Le mildiou envahit rapidement et détruit un feuillage pourtant sain sur les plants de tomates. Dans un premier temps, des lésions brunes ou foncées apparaissent sur les feuilles ; elles sont bordées de blanc en milieu humide. Des taches brunâtres ou vert olive foncé se manifestent également sur les tiges dès les premiers stades de la maladie. Sous les feuilles et sur les plaques des tiges, un duvet blanc cotonneux se développe par temps humide. Ces zones blanches signalent la présence de spores actives, qui se disséminent rapidement en conditions humides ou lorsque l'humidité relative est élevée.
Effets sur les fruits
Les tomates infectées présentent une décoloration caractéristique. Les fruits verts montrent des plages sombres, tandis que les fruits mûrs affichent d'abord des taches décolorées qui évoluent vers des zones brunes et fermes. Le fruit semble avoir été touché par une gelée sévère. Un duvet blanc finit par recouvrir une partie des tomates. Si le mildiou n'est pas toxique pour l'homme, il est fortement déconseillé de consommer les fruits atteints : des micro-organismes opportunistes, potentiellement pathogènes, peuvent proliférer sur les tissus endommagés. L'évolution fulgurante de la maladie peut contaminer une culture entière en quelques jours seulement.
Prévention et traitement
Éliminez la source des spores dans la mesure du possible : détruisez les tubercules de pommes de terre infectés ainsi que leurs repousses spontanées. Choisissez des plants certifiés sains et des variétés résistantes au mildiou. Pratiquez la rotation des cultures d'une année sur l'autre. Lorsque les conditions deviennent favorables à l'infection, appliquez des fongicides en suivant les recommandations de votre service de vulgarisation agricole local. Isolez et détruisez sans attendre les plantes contaminées.
Une vigilance constante s'impose pour permettre une intervention précoce : une simple foliole décolorée peut constituer le premier signe de la maladie, mais l'immense quantité de spores libérée rend une infection explosive, à l'échelle de tout le jardin, presque inévitable. De plus, les nouveaux génotypes qui émergent se révèlent tantôt plus agressifs, tantôt résistants aux traitements fongicides, ce qui complique davantage la lutte contre cette redoutable maladie.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-tomatoes/1007025275.html
