Depuis longtemps, les jardiniers ont reconnu les qualités améliorantes du sol des plantes de la famille des légumineuses, comme les haricots, les pois ou le trèfle. Ces plantes ont la capacité d'enrichir le sol en azote au profit des espèces poussant à proximité, et certaines sont même cultivées traditionnellement à cette fin. Cette accumulation d'azote est assurée par les petits nodules présents sur leurs racines, grâce à un phénomène connu sous le nom de « fixation de l'azote ».
Des bactéries bénéfiques
Les nodules qui se forment sur les racines des légumineuses abritent des bactéries microscopiques capables de produire l'azote dont la plante a besoin. On les appelle les bactéries Rhizobium, et elles entretiennent avec la plante hôte une relation mutuellement bénéfique : celle-ci fournit aux bactéries l'énergie et les nutriments nécessaires, tandis que celles-ci synthétisent en retour l'azote assimilable dont la plante a besoin pour se développer.
Les Rhizobium sont naturellement présents dans la plupart des sols, mais les jardiniers peuvent également inoculer les semences de légumineuses avant le semis afin de garantir une fixation efficace de l'azote.
La fixation de l'azote
L'azote gazeux représente environ 80 % de l'atmosphère terrestre, mais il s'agit d'une forme que les plantes ne peuvent pas assimiler directement. Les bactéries fixatrices d'azote jouent donc un rôle vital en convertissant cet azote atmosphérique en une forme soluble utilisable par les végétaux — un processus qui rend possible la vie de toutes les autres plantes et de tous les animaux.
Lorsqu'ils apparaissent, quelques semaines après la germination, les nodules sont blancs ou grisâtres et ne produisent encore aucun azote. À mesure que la plante hôte grandit, ils grossissent et prennent une teinte rosée à rougeâtre. Plus leur couleur est intense, plus ils produisent d'azote.
La nutrition de la plante
L'azote est l'élément nutritif limitant pour la croissance végétative verte : les nodules fixateurs d'azote confèrent donc aux légumineuses un avantage considérable sur les autres plantes. Dans la nature, on les trouve souvent sur des sols naturellement pauvres, comme une zone de terre retournée et érodée après un glissement de terrain.
La conversion de l'azote atmosphérique dans les nodules racinaires permet à ces plantes de subsister dans des milieux où les autres espèces ne parviennent pas à prospérer. L'accumulation progressive de matière végétale dans ces sols appauvris finit par améliorer les conditions de croissance, permettant ainsi à d'autres espèces de s'installer durablement.
Un engrais naturel
La quantité d'azote accumulée par les nodules racinaires peut varier de quelques kilos à plusieurs centaines de kilos par hectare, selon l'espèce cultivée, la présence de bactéries Rhizobium en quantité suffisante et les conditions environnementales.
La majeure partie de cet azote est utilisée par la légumineuse pour sa propre croissance, mais une partie est restituée au sol lorsque la plante meurt, devenant ainsi disponible pour les autres espèces. De cette manière, les nodules agissent comme un producteur naturel d'engrais — une caractéristique précieuse que les jardiniers avisés apprennent à exploiter.
Les cultures de couverture
Les cultures de couverture, aussi appelées engrais verts, semées à l'automne ou au printemps constituent le moyen le plus courant d'utiliser les légumineuses pour enrichir le sol. Pour tirer le maximum d'azote de cette culture, il faut laisser la légumineuse se développer jusqu'au début de la floraison.
Une fois que la majorité des fleurs se sont ouvertes, on coupe la culture au ras du sol : l'azote accumulé est alors libéré dans le sol, accompagné d'une bonne quantité de matière organique. Une autre culture peut ensuite être plantée pour profiter pleinement de l'azote généré par les nodules racinaires.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007026655.html
