Les morilles se reconnaissent facilement à leur chapeau spongieux aux plis évoquant un cerveau et à leur port bien dressé. Les variétés blanches et noires sont tout aussi savoureuses l'une que l'autre. Leur saveur est riche et crémeuse, avec un équilibre subtil entre des notes terreuses et une pointe de noisette. Polyvalentes en cuisine, elles sont très recherchées par les gourmets et les grands chefs pour leur goût exceptionnel.
Le terrain idéal
Les morilles poussent partout où le sol est chaud et légèrement humide. En revanche, elles ne se développent pas dans l'eau stagnante, qui provoque leur pourrissement. Les sous-bois constituent un excellent lieu de prospection. Elles peuvent se cacher dans la litière de feuilles ou près d'une souche : il est donc plus facile de les repérer en se penchant vers le sol.
Là où de grands arbres sont tombés, vos chances augmentent considérablement. L'arbre abattu laisse passer la lumière du soleil, ce qui réchauffe le sol, tandis que le déracinement perturbe la terre et stimule le mycélium. Les morilles peuvent également pousser au pied des arbres ou le long des anciennes voies ferrées. Les parcs et les forêts nationales restent parmi les meilleurs terrains de chasse.
La bonne saison
Le printemps est la période privilégiée pour trouver des morilles. Elles apparaissent presque du jour au lendemain : le meilleur moment pour les chercher est donc une matinée chaude et humide. Selon un vieil adage, le moment idéal arrive « lorsque les feuilles du cornouiller atteignent la taille d'une oreille de souris ».
La saison débute d'abord en Californie et dans le nord-ouest du continent, puis s'étend progressivement vers le sud et enfin vers l'est. Très courte, elle impose de sortir dès que le sol commence à se réchauffer. En début de saison, privilégiez les pentes exposées au sud, où le soleil a déjà réchauffé le sol ; les zones ombragées ne fructifieront que plus tard. Lorsque les températures diurnes atteignent au moins 15 °C et que les nuits ne descendent pas en dessous de 4 °C, il est temps de partir à la chasse.
La flore indicatrice
Les morilles semblent surgir près des ormes, vivants ou morts. Personne n'explique vraiment ce phénomène, mais la plupart des cueilleurs le confirment. Même les zones où les ormes ont disparu depuis longtemps continuent de produire de belles récoltes.
Les frênes blancs et les anciens vergers de pommiers figurent également parmi les sites de fructification les plus fréquents. Les morilles apprécient aussi la proximité des peupliers et des érables. Si la zone environnante abrite d'autres espèces de champignons, c'est bon signe : cela indique un milieu favorable à leur développement. D'autres arbres entretiennent une relation avec la morille, comme les platanes, les peupliers d'Amérique, les érables argentés ainsi que les pins blancs et rouges.
Une identification sans risque
Sachez exactement ce que vous cherchez. Consulter des photos dans un guide ou sur Internet constitue un bon point de départ, mais si vous débutez, partez accompagné d'un cueilleur expérimenté.
Attention : un champignon très proche visuellement de la morille existe — la fausse morille, ou gyromitre. Elle contient de la monométhylhydrazine, une substance chimique présente dans le carburant des fusées. Toxique, elle peut provoquer de graves troubles digestifs. Une identification rigoureuse et de l'expérience vous éviteront tout incident.
Bien préparer sa sortie
Équipez-vous pour affronter l'humidité : imperméable, bottes et couvre-chef sont indispensables. Placez vos morilles dans des sacs en papier pour une conservation temporaire et coupez-les au ras du sol avec un couteau de poche bien aiguisé.
Pensez à emporter une carte ou un GPS, ainsi qu'un stylo et du papier pour noter vos meilleurs spots. Enfin, lors de la récolte, ne prélevez jamais toutes les morilles d'une même zone : en laisser quelques-unes sur place permet d'ensemencer naturellement la saison suivante.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-mushrooms/1007131861.html
