Le terme « hydrophobe » vient du grec et signifie littéralement « qui fuit l'eau » ou « qui craint l'eau ». C'est une description assez juste de ce qui se produit lorsque l'eau entre en contact avec un sol hydrophobe : au lieu de s'infiltrer rapidement dans la terre, l'eau ruisselle à la surface, et le sol absorbe très mal — voire pas du tout — cette humidité. Ce phénomène peut représenter une véritable nuisance pour les terrains de golf, les pépinières, les serres et de nombreuses autres exploitations agricoles ou horticoles.
Caractéristiques d'un sol hydrophobe
Un sol hydrophobe ne se distingue pas nécessairement par sa composition minérale, qui peut être identique ou similaire à celle d'un sol normal. Ce qui rend le sol hydrophobe, ce sont des composés organiques qui interagissent mal avec l'eau — un peu comme le fameux adage selon lequel « l'huile et l'eau ne se mélangent pas ».
Ces composés forment un revêtement autour des particules de sol, les empêchant d'adsorber l'eau comme elles le feraient normalement. En quantité suffisante, ils peuvent même bloquer totalement l'absorption de l'humidité. Lorsqu'on verse de l'eau sur ce type de sol, elle forme de petites perles ou boules en surface, tandis que la couche située sous la surface reste sèche, même après une pluie.
Les incendies
Les feux de forêt peuvent créer des sols hydrophobes par vaporisation puis condensation. Aux températures extrêmement élevées atteintes lors d'un incendie, les huiles et autres composés organiques présents dans la végétation se vaporisent, puis se recondensent dans la couche de sol plus froide située juste sous la surface. Cette couche cireuse ainsi formée empêche l'absorption de l'eau.
Comme l'incendie a déjà détruit le couvert végétal, l'hydrophobie du sol aggrave encore le ruissellement et l'érosion. Les sols argileux sont les plus résistants à ce processus, tandis que les sols sableux ou limoneux y sont beaucoup plus sensibles.
Les bactéries
Les bactéries du sol dégradent et décomposent la litière laissée par les plantes mortes, enrichissant ainsi le sol en composés organiques et en nutriments dont les autres plantes ont besoin pour croître. Au cours de ce processus, elles peuvent déposer des résidus sur les particules de sol. Lorsque ces résidus sèchent, ils forment une couche imperméable à l'eau.
Les bactéries du sol se trouvent généralement jusqu'à une profondeur d'environ 30 centimètres ; en dessous de ce niveau, leur impact est faible. Le sol hydrophobe formé par ce mécanisme n'affecte donc généralement que la couche superficielle du terrain.
La végétation
Certaines cultures sont plus susceptibles que d'autres de contribuer à la formation de sols hydrophobes. C'est le cas notamment de la luzerne, de certaines graminées de prairie et des trèfles, qui peuvent tous se décomposer en résidus hydrophobes. Lorsque leurs feuilles tombent au sol, leur décomposition peut accroître l'hydrophobie du sol environnant.
Ce processus présente toutefois un avantage pour la plante concernée : il aide à décourager la concurrence des autres espèces végétales. Du point de vue humain, en revanche, cet effet est indésirable, car il compromet l'irrigation et la santé des cultures.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049571.html
