Les plantes aquatiques relèvent des défis bien différents de ceux de leurs cousines terrestres lorsqu'il s'agit de réussir leur pollination. Ces dernières bénéficient en effet d'alliés précieux tels que la gravité et une multitude de pollinisateurs — colibris, abeilles, coléoptères, chauves-souris et bien d'autres. Les vallisnéries, ces plantes à rubans qui poussent sous l'eau, illustrent quant à elles un mode de reproduction original faisant appel à la fois au courant de l'eau et à la brise.
Méthodes de pollination
Pour maximiser leurs chances de propagation, les plantes ont développé de nombreuses stratégies de reproduction sexuée. Beaucoup de plantes terrestres comptent sur un allié ancestral, le vent, pour disséminer leur pollen. C'est le cas des gymnospermes, qui regroupent tous les conifères, ainsi que de nombreuses angiospermes, c'est-à-dire les plantes à fleurs. Des modes de pollinisation plus spécialisés font intervenir les animaux, des insectes jusqu'aux grandes roussettes, ces chauves-souris frugivores aussi appelées « renards volants ».
La danse évolutive entre les plantes et leurs pollinisateurs animaux est si complexe que certaines espèces vivent en partenariat exclusif. Ainsi, diverses espèces de yuccas du Sud-Ouest américain possèdent chacune leur propre variété de teigne du yucca, l'unique insecte capable de les féconder.
La vallisnérie, ou plante-ruban
La « plante-ruban » est l'un des noms communs désignant plusieurs espèces d'herbes aquatiques du genre Vallisneria. On les appelle parfois aussi « herbes des anguilles », bien qu'elles n'appartiennent pas à la véritable famille des graminées et que cette appellation serve également à désigner d'autres groupes végétaux sans lien de parenté.
Largement répandu dans les régions tropicales et tempérées, ce genre comprend des espèces telles que Vallisneria spiralis et Vallisneria nana, très prisées des amateurs d'aquariophilie pour leur facilité d'entretien et leur rôle d'oxygénation.
La pollinisation de la vallisnérie
La vallisnérie pratique un mode de pollinisation hybride qui exploite à la fois l'eau et le vent. Les fleurs femelles s'élèvent depuis les racines fixées dans le substrat jusqu'à la surface grâce à de longs pédoncules spiralés appelés pédicelles. Les minuscules fleurs mâles, quant à elles, se détachent de structures situées dans les gaines foliaires puis remontent flotter à la surface, où elles deviennent de véritables « barques à pollen ».
Poussées par la brise et le courant, certaines de ces barques entrent en contact avec les fleurs femelles, permettant ainsi la fécondation. Ce périple aléatoire peut toutefois être interrompu par de nombreux obstacles : les poissons, par exemple, dévorent souvent ces fleurs mâles flottantes avant qu'elles n'atteignent leur destination.
Une fois fécondée, la fleur femelle finit par produire un fruit : une structure fine et cylindrique, remplie de graines, pouvant atteindre environ 8 centimètres de long.
Autres plantes aquatiques
La stratégie de pollinisation de la vallisnérie se retrouve en partie chez les lentilles d'eau — membres de la famille des Lemnaceae, les plus minuscules des angiospermes — dont les fleurs sont rapprochées par l'action du vent. Chez les véritables zostères, les herbes marines des côtes, les grains de pollen mâles sont projetés contre les stigmates, ces structures reproductrices spécialisées des fleurs femelles, qu'ils viennent envelopper sous l'effet du brassage des courants océaniques.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007111558.html
