La couleur du sol constitue un indicateur précieux pour identifier le type de sol, que ce soit sur le terrain ou en laboratoire. Elle révèle les conditions chimiques d'oxydation ou de réduction du sol, passées ou présentes, résultant de son altération à partir de la roche mère. Ainsi, la couleur peut s'assombrir en présence de matière organique, virer au jaune, au brun ou au rouge sous l'effet des oxydes de fer, ou encore noircir sous l'influence du manganèse et d'autres oxydes. Les horizons du sol et les sous-sols peuvent d'ailleurs être reconnus grâce aux variations de leurs couleurs.
Teinte, valeur et chroma
Le premier nuancier scientifique a été proposé par l'artiste américain Albert Henry Munsell dans son ouvrage de 1907, A Color Notation. Le système de Munsell repose sur trois paramètres — la teinte, la valeur et le chroma — pour évaluer les couleurs, et peut être appliqué à de nombreux domaines.
La teinte désigne la couleur spectrale, répartie en cinq groupes principaux (rouge, jaune, vert, bleu et violet) et cinq sous-groupes intermédiaires (rouge-jaune, jaune-vert, vert-bleu, bleu-violet et violet-rouge). La valeur correspond au degré de luminosité, allant du noir (valeur 0) au blanc (valeur 10). Enfin, le chroma représente le degré de saturation du pigment, autrement dit l'intensité de la couleur.
Le problème de la subjectivité
La subjectivité visuelle complique la comparaison entre les couleurs observées sur le terrain et les échantillons de référence des nuanciers, ce qui rend l'attribution d'une notation chromatique délicate. La couleur des sols étant difficile à normaliser, les pédologues ont proposé divers prétraitements des échantillons afin de réduire les variables : calcination du sol pour obtenir un échantillon parfaitement sec, analyse de l'échantillon à la fois humide et sec, test isolé de la fraction argileuse, ou encore élimination de la matière organique et des oxydes de fer.
L'utilisation d'un spectrophotomètre électronique permettant de comparer directement l'échantillon de sol au nuancier constitue également une solution efficace pour limiter cette subjectivité.
La notation Munsell
Les couleurs du nuancier Munsell peuvent être consignées sous forme de notation abrégée, particulièrement utile pour les rapports et publications scientifiques ne pouvant inclure d'échantillon physique. La combinaison des trois paramètres — teinte, valeur et chroma — s'écrit sous la forme H V/C. Ainsi, un sol brun rougeâtre pourra correspondre à la référence 5YR 5/3, soit une teinte 5 jaune-rouge sur le nuancier, une valeur de luminosité de 5 et un chroma de niveau 3.
Certaines couleurs standard associées à des minéraux spécifiques sont bien connues : 10R 4/8 pour l'hématite rouge (un oxyde de fer), 10YR 8/2 pour la calcite blanche (un carbonate de calcium) ou encore 5Y 6/4 pour la jarosite (un sulfate de fer jaune pâle).
Une norme adoptée mondialement
Dès 1937, les manuels de science du sol intégraient des tableaux numériques décrivant les couleurs traditionnelles des sols, comme le gris olive, en termes de pourcentages de blanc, de noir, de jaune et de rouge selon le système de Munsell. Ce système original a été amélioré et régulièrement mis à jour par le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA). Depuis 2011, il est utilisé dans le monde entier par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ce qui en fait la référence internationale en matière de description des couleurs des sols.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049664.html
