Monocotylédones et dicotylédones : une énigme botanique
Les plantes à fleurs, appelées angiospermes, se répartissent en deux grands groupes : les dicotylédones, qui possèdent deux feuilles embryonnaires (cotylédons), et les monocotylédones, qui n'en comptent qu'une seule. Les botanistes ignorent encore quel groupe est apparu le premier au cours de l'évolution, ni comment ces deux lignées sont précisément apparentées. Selon la tradition scientifique, les dicotylédones seraient issues des premiers angiospermes, probablement durant la période du Jurassique, il y a environ 199 à 145 millions d'années. Toutefois, des chercheurs du Field Museum défendent aujourd'hui une théorie inverse, selon laquelle les monocotylédones auraient précédé les dicotylédones. Le nymphéa, ou nénuphar (Nymphaea spp.), est généralement considéré comme une dicotylédone primitive.
Les différences fondamentales entre monocotylédones et dicotylédones
Ces deux groupes présentent des différences structurelles essentielles. Les dicotylédones se caractérisent par des nervures foliaires en réseau, des faisceaux vasculaires — les tissus conducteurs de sève — disposés en anneau à l'intérieur de la tige, des pièces florales groupées par quatre ou cinq, une croissance herbacée ou ligneuse, ainsi qu'une racine pivotante.
Les monocotylédones, quant à elles, possèdent des nervures parallèles, des faisceaux vasculaires dispersés dans la tige, des pièces florales disposées par trois, une croissance essentiellement herbacée et aucune racine pivotante.
Pour illustrer ces différences, la rose de Californie (Rosa californica), avec ses cinq pétales et sa tige ligneuse, est un exemple typique de dicotylédone : elle se cultive dans les zones de rusticité USDA 5 à 10. À l'inverse, le lis de Pâques (Lilium longiflorum), doté de six pétales et d'une croissance herbacée, représente un monocotylédone classique ; il prospère dans les zones USDA 4 à 9.
Les caractéristiques des dicotylédones primitives
La sous-classe des Magnoliidées — qui regroupe la famille des nymphéacées (nénuphars), celle des renonculacées (boutons d'or) et celle des magnoliacées — est généralement considérée comme la plus primitive parmi les dicotylédones. Ces plantes partagent plusieurs traits distinctifs : de grandes fleurs composées de structures semblables à des pétales, appelées tépales, qui remplissent à la fois le rôle des pétales et celui des sépales ; un réceptacle central conique portant les carpelles femelles ; et des étamines mâles disposées en spirale autour de ce réceptacle.
D'autres caractéristiques plus techniques, plus difficiles à observer, confirment cette primitivité : un pollen à deux cellules plutôt qu'à trois, un endosperme abondant — la réserve nutritive de la graine — et un embryon relativement petit à l'intérieur de la graine.
Les dicotylédones les plus primitives
Les nymphéas présentent un mélange déroutant de caractères propres aux monocotylédones et aux dicotylédones, ce qui laisse penser qu'ils figurent parmi les dicotylédones les plus primitives, peut-être proches des ancêtres communs des deux groupes. Ils possèdent en effet des nervures foliaires en réseau, typiques des dicotylédones, mais une disposition des faisceaux vasculaires qui rappelle celle des monocotylédones. Leur structure pollinique ressemble à celle des lis et leur embryon semble ne comporter qu'un seul cotylédon.
Les fleurs de nymphéa sont également considérées comme primitives car elles illustrent la diversification des différentes pièces florales à partir d'une même structure de base. On observe ainsi une gradation continue : les structures vertes extérieures, semblables à des sépales, se transforment progressivement en structures pétaloïdes, puis en structures évoquant des étamines, avant d'aboutir aux véritables étamines.
Récemment, un arbuste de la forêt tropicale humide de Nouvelle-Calédonie, Amborella trichopoda, a été proposé comme l'angiosperme vivant le plus primitif connu à ce jour.
Les caractéristiques du lis
Bien que le lis partage son nom commun avec le nénuphar, il constitue l'exemple type d'un véritable monocotylédone. Sa graine ne possède qu'un seul cotylédon en forme de lance. La radicule initiale ne devient pas une racine pivotante : elle disparaît et est remplacée par des racines fibreuses émanant d'un bulbe constitué d'écailles, c'est-à-dire de feuilles modifiées.
Sa croissance est herbacée et sa fleur compte six tépales, dont trois sont en réalité des sépales ayant l'apparence de pétales. Six étamines entourent un ovaire central à trois loges, chacune produisant deux rangées de grosses graines plates.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007026602.html
