Beaucoup de personnes frissonnent à l'idée d'entendre le mot « clone », car il évoque l'image d'un scientifique manipulant des gènes dans une boîte de Pétri. Pourtant, les plantes clonées font partie intégrante de notre quotidien depuis des siècles. Le clonage végétal, également appelé multiplication asexuée, permet de créer des copies identiques d'une plante aux qualités recherchées.
Le bouturage de racines ou de tiges, le marcottage, le greffage et la division des souches sont autant de techniques de clonage utilisées par les pépinières et les jardiniers du monde entier. Même les débutants ont déjà réussi à bouturer une plante en plongeant simplement une tige dans un verre d'eau et en observant les racines se développer. Si le clonage présente l'avantage indéniable de reproduire fidèlement la plante d'origine, il comporte néanmoins plusieurs inconvénients majeurs.
Un coût élevé
La multiplication des plantes par clonage est souvent bien plus coûteuse que la production à partir de graines. Le bouturage, le marcottage, le greffage et la division exigent davantage de matériel, de connaissances et d'expérience que le semis classique, surtout lorsqu'ils sont pratiqués à grande échelle. Les boutures, marcottes et greffons doivent généralement être conservés dans des environnements contrôlés jusqu'à l'enracinement pour garantir leur réussite. La culture de tissus, quant à elle, est une procédure complexe réalisée en laboratoire par un botaniste spécialisé. Même au jardin, le clonage reste plus onéreux, plus exigeant physiquement et plus chronophage que le simple semis.
Une perte de diversité
Le clonage empêche l'évolution naturelle des plantes, qui normalement se pollinisent et se croisent entre elles pour créer de nouvelles variétés. Cette évolution naturelle favorise l'apparition de plantes aux caractéristiques variées : formes de feuilles, couleurs de fleurs ou tailles différentes. Tous les écosystèmes abritent naturellement plusieurs variétés d'une même plante. Cette diversité protège l'espèce : si une maladie ou un ravageur élimine une souche sensible, une autre variété résistante survit et perpétue la plante. En empêchant cette évolution, des souches entières risquent de disparaître dans les zones où seules des plantes clonées sont cultivées, ce qui appauvrit considérablement le patrimoine génétique.
Les problèmes de pollinisation croisée
Une plante clonée ne peut pas polliniser une autre plante issue du même clone. Pour garantir la pollinisation croisée et donc la production de fruits, il faut disposer de clones provenant de plants différents et non apparentés. Dans certains cas, cela ne pose aucun problème lorsque les fruits ne sont pas recherchés. Cependant, les arbres fruitiers figurent parmi les plantes clonées les plus populaires précisément pour leurs fruits. Lors de l'achat d'arbres fruitiers, il est donc conseillé de se procurer chaque arbre dans une pépinière différente, ou de demander au pépiniériste s'il peut garantir des plants issus de clones distincts afin d'assurer la pollinisation croisée et la fructification.
Les problèmes héréditaires
Les plantes clonées héritent exactement des mêmes caractères et des mêmes gènes que la plante mère, puisque le clonage produit une copie identique. Si la plante mère est sensible à une maladie, à un ravageur ou à un type d'infection, le clone portera ces mêmes faiblesses et y sera tout aussi vulnérable. Il en résulte une plante fragilisée qui transmet et perpétue des caractères indésirables. Le croisement de variétés ou la sélection rigoureuse de souches résistantes permettent d'éliminer partiellement ces défauts et d'obtenir des plantes mieux armées contre les ravageurs, infections ou maladies présents dans une région donnée. Néanmoins, les problèmes héréditaires demeurent un inconvénient courant du clonage.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-plants/1007024310.html
