La vigne ne se multiplie pas par semis : pour obtenir les raisins du cépage souhaité, on recourt au greffage. Cette technique consiste à prélever des boutures sur une vigne existante — le greffon — correspondant à la variété que vous désirez cultiver. Ces prélèvements portent le nom de baguettes à œil. Chaque bourgeon est ensuite fixé sur une vigne vigoureuse et saine, appelée porte-greffe, grâce à une méthode dite du « greffage en T ». Bonne nouvelle : pour réaliser un greffage de vigne, quatre éléments suffisent — le greffon, un couteau extrêmement affûté, un élastique de greffage ou un ruban biodégradable, et enfin le porte-greffe.
1. Le greffon
Le greffon doit provenir d'une plante bien établie, produisant des fruits depuis au moins une saison de croissance complète et ne présentant aucun signe de parasites ni de maladies. Le greffage doit être effectué au moment où le greffon entre en bourgeonnement, mais avant que les feuilles ne se déploient. Pour obtenir des résultats optimaux, veillez à ce que les bourgeons soient parfaitement formés.
Il est d'usage de prélever une longue baguette à œil comportant plusieurs bourgeons potentiels. Cette astuce permet de limiter le nombre de coupes pratiquées sur la plante mère et donc de préserver sa vitalité.
2. Le couteau
Utilisez impérativement un couteau très affûté pour couper les sarments et prélever les bourgeons. Une lame émoussée augmente non seulement le risque de blessure, mais elle arrache également l'écorce au niveau des incisions au lieu de la trancher proprement.
Les coupes réalisées avec un couteau émoussé cicatrisent souvent mal : elles peuvent entraîner la mort du rameau greffé, voire celle de la plante entière. Investir dans un bon couteau de greffeur est donc essentiel.
3. L'élastique de greffage
Vous trouverez des élastiques de greffage et des rubans adhésifs spécialisés dans la plupart des jardineries. L'élastique maintient fermement le bourgeon contre le porte-greffe sans l'étouffer ni entraver la croissance du nouvel œil.
Privilégiez autant que possible les matériaux biodégradables, qui se décomposeront naturellement. Si vous optez pour un ruban classique, pensez à le retirer deux à trois semaines après le greffage, lorsque le bourgeon est solidement soudé au porte-greffe.
4. Le porte-greffe
Le porte-greffe doit être en parfaite santé pour accepter un nouveau bourgeon. Deux facteurs déterminants entrent en jeu : la teneur en humidité de l'écorce et sa capacité à se détacher facilement.
Lorsque vous pratiquez l'incision en T avec un couteau bien affûté, l'écorce doit se soulever aisément en une seule pièce lisse. Si elle accroche ou se déchire, la plante risque de rejeter le greffon. À l'inverse, si l'écorce présente une forte humidité, réalisez l'incision en T inversé afin d'éviter toute accumulation d'eau dans la zone. Un bourgeon noyé dans l'humidité finirait par pourrir.
En résumé
Avec ces quatre éléments réunis — un greffon sain, un couteau parfaitement affûté, un lien adapté et un porte-greffe vigoureux — même un jardinier amateur peut réussir le greffage de la vigne et multiplier ses cépages préférés saison après saison.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-grapes/1007106452.html
