Le compostage est la décomposition naturelle de la matière organique en substances plus simples, grâce à l'action combinée de l'oxygène, de l'humidité, des bactéries, des champignons et d'autres micro-organismes. Ce processus se produit avec ou sans intervention humaine, mais il peut être considérablement accéléré en recréant des conditions environnementales optimales. À grande échelle, le compostage s'intègre parfaitement aux systèmes municipaux de gestion des déchets et permet de produire de l'humus, un amendement du sol particulièrement précieux pour l'agriculture et le jardinage.
Systèmes à tas statique et compostage en tunnel
Le compostage en tunnel est une forme de compostage en tas statique. Dans ce type de système, la matière organique est déposée en continu dans un réceptacle jusqu'à ce qu'il soit plein, puis on la laisse se décomposer avec seulement une agitation occasionnelle, généralement complétée par une aération forcée et un contrôle précis de la température.
Ce manque d'agitation ralentit toutefois la décomposition physique de la matière. C'est pourquoi les installations en tunnel intègrent souvent un autre procédé de compostage dans leurs phases finales, afin d'accélérer le processus et d'obtenir un produit fini plus rapidement.
Les équipements nécessaires
L'équipement de base d'un système de compostage en tunnel reste relativement simple. Il comprend quatre éléments essentiels :
- Un tunnel, c'est-à-dire un long réceptacle fermé dont les dimensions varient selon l'usage prévu ;
- Un système d'aération forcée pour apporter l'oxygène indispensable aux micro-organismes ;
- Un biofiltre pour traiter les odeurs et les gaz émis pendant la décomposition ;
- Des mécanismes de chargement et de déchargement de la matière organique.
En pratique, les tunnels mesurent généralement entre 35 et 55 mètres de long (120 à 180 pieds) et entre 3,5 et 4,5 mètres de hauteur (12 à 15 pieds). Les grandes installations nécessitent plusieurs tunnels fonctionnant en parallèle pour absorber des volumes importants de déchets.
Utilisations typiques
Selon le Conseil canadien du compostage, les systèmes en tunnel servent principalement à décomposer des matières premières de consistance et d'homogénéité similaires, ainsi que des biosolides issus du traitement des eaux usées.
Certains centres de traitement emploient également cette technologie pour composter les déchets organiques triés à la source et les déchets solides mélangés, tels que les restes alimentaires, les résidus de jardin et le papier. Attention cependant : pour obtenir un produit stable et directement exploitable, comme l'humus, des étapes supplémentaires de maturation et de raffinage sont généralement requises.
Des applications institutionnelles prometteuses
Certaines institutions commencent à intégrer le compostage en tunnel dans leurs pratiques quotidiennes. L'université américaine Colby College, dans le Maine, en offre un exemple concret : elle confie la majorité des déchets alimentaires de ses cafétérias à une entreprise tierce spécialisée dans ce procédé.
Malgré les coûts engendrés par le transport supplémentaire, les salaires additionnels et les frais de compostage, l'établissement réalise plus de 10 000 dollars d'économies annuelles sur ses factures d'égout et d'eau. Cette rentabilité s'explique surtout par la suppression de nombreux broyeurs à déchets dans ses cuisines, rendue possible grâce à la valorisation des biodéchets.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049769.html
