Des milliards d'insectes microscopiques et d'autres organismes vivent dans chaque cuillère à café de sol sain. Araignées, acariens, mille-pattes, cloportes, fourmis, collemboles et coléoptères peuplent la chaîne alimentaire du sol dans les 5 à 20 premiers centimètres de terre. Ces petites créatures participent activement à la décomposition des résidus végétaux et animaux, au cycle des nutriments, à la construction de la structure du sol et à la régulation naturelle des populations d'organismes, y compris les ravageurs des cultures. Malheureusement, l'usage excessif d'engrais synthétiques et de produits chimiques de jardinage décime ces précieux auxiliaires.
La composition du sol
La matière organique en décomposition constitue la source d'énergie et de nutriments essentiels pour les légumes et les plantes ornementales du jardin. On distingue deux formes principales : l'humus, fraction entièrement décomposée et stable, et la matière organique active, partiellement décomposée, qui nourrit directement les insectes et les micro-organismes du sol.
Les acariens oribates sont de minuscules organismes qui broient et fragmentent cette matière organique active, libérant ainsi ses nutriments afin qu'ils soient assimilés par les nouvelles plantes. De nombreuses espèces d'acariens du sol se nourrissent également de champignons, d'algues, de puces de neige et de collemboles morts, contribuant ainsi au recyclage permanent de la biomasse.
Le rôle des insectes du sol
Les acariens oribates et leurs cousins dépendent d'autres organismes pour creuser les tunnels dans lesquels ils circulent. Ils vivent et se déplacent dans les espaces situés entre les particules de terre, appelés agrégats. L'activité des insectes et des micro-organismes se concentre souvent autour du système racinaire des plantes, où ils transforment les nutriments avant de les restituer aux végétaux.
Les cloportes jouent également un rôle vital dans la chaîne alimentaire souterraine. Leurs puissantes pièces buccales leur permettent de fragmenter les résidus végétaux et d'accélérer considérablement le processus de décomposition.
Les insectes prédateurs : une protection naturelle
Les scolopendres, araignées, carabes, staphylins et acariens gamasides se nourrissent d'un large éventail de ravageurs du sol responsables de maladies des plantes. Éliminer ces prédateurs avec des pesticides, des engrais chimiques, la monoculture ou un travail du sol trop intensif favorise au contraire la prolifération des organismes pathogènes.
La santé du sol et celle des cultures potagères reposent donc sur une grande diversité d'insectes et de micro-organismes. Il faut savoir que les populations de bactéries et de champignons bénéfiques déclinent elles aussi lorsque les insectes prédateurs disparaissent.
Les pratiques agricoles néfastes à éviter
Les engrais synthétiques misent sur une forte teneur en azote pour stimuler la croissance des plantes, mais ils peuvent perturber gravement les communautés d'insectes du sol. Un excès d'azote favorise notamment la prolifération d'insectes nuisibles comme les punaises des céréales, ainsi que le développement de champignons pathogènes.
Certains produits chimiques de jardinage et les applications massives d'engrais tuent également les vers de terre et d'autres organismes utiles, ralentissant ainsi la formation indispensable de matière organique dans le sol.
Pour préserver cet équilibre fragile, adoptez des pratiques respectueuses : maintenez une grande diversité de plantes, fabriquez votre propre compost et étalez du paillis au pied de vos cultures. Ces gestes simples créent un environnement favorable aux insectes et à tous les contributeurs de la fertilité du sol.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049752.html
