Les jardiniers accordent généralement leurs plantations au pH et à la texture de leur sol. Le terme « pH » désigne en effet le niveau d'acidité du milieu. Pourtant, beaucoup d'entre eux négligent d'analyser la manière dont le sol lui-même contribue à déterminer ce pH. Cela s'explique sans doute par le fait que le pH relève davantage de la chimie que du compost.
Tous les sols ne se valent pas
Le sol d'un jardin est le fruit de milliards d'années d'érosion rocheuse, de collisions fortuites avec des débris spatiaux et de millions d'années de croissance et de mort d'organismes vivants, sans que personne n'ait jamais ramassé ou enfoui ces résidus.
Partant de graviers et de sable, le sol se transforme progressivement en limon puis en argile, à mesure que ses composants deviennent de plus en plus fins. Les zones riches en matière organique développent un terreau drainant ; les déserts demeurent sablonneux avec des poches de sol à peine fertiles ; les lits des rivières se comblent de limon, créant ainsi des strates correspondant aux grands types de sols, appelés séries pédologiques. Les analyses de sol permettent de classer ces séries et leurs sous-groupes, tout en révélant leur teneur en nutriments ainsi que leur acidité ou leur alcalinité.
Des différences marquées entre les sols
Les événements géologiques et climatiques qui ont façonné les sols ont varié selon les continents en mouvement, laissant dans chaque couche géologique des mélanges distincts de minéraux, de matière organique, de liquides et de gaz. Le sol ainsi formé n'est pas un composé unique, mais un mélange de composés : certains libèrent des ions hydrogène, tandis que d'autres contiennent un excès d'hydroxydes. Les régimes météorologiques et les produits chimiques agricoles ont ensuite encore modifié la nature des sols.
Comment déterminer le pH
La mesure de l'acidité d'un sol commence par la préparation d'une solution de terre dans de l'eau distillée. Des réactifs chimiques, appelés indicateurs, changent de couleur lorsqu'ils sont ajoutés à cette solution, au contact des ions hydrogène et des hydroxydes. La couleur obtenue correspond à une échelle allant de 0 à 14, qui représente le degré d'acidité ou d'alcalinité de l'eau. C'est sur ce test que les particuliers s'appuient pour décider d'ajouter de la chaux ou du soufre afin de corriger le pH de leur sol.
Sol et eau : une relation étroite
Les plans d'eau ne sont pas isolés des sols qui les entourent : l'eau s'infiltre vers le bas à travers les nappes phréatiques, les couches de terre et de roche. Le calcium, le soufre, le potassium et d'autres substances chimiques lessivent du sol et de l'aquifère pour rejoindre le plan d'eau, modifiant ainsi son pH. Les petits plans d'eau peuvent acquérir une alcalinité ou une acidité plus prononcée, tandis que les vastes étendues d'eau puisent dans un échantillon de sol bien plus large.
Les plans d'eau font partie intégrante du cycle de l'eau. Celle-ci s'évapore, forme des nuages qui se condensent puis retombent sur terre sous forme de précipitations. Au cours des phases d'évaporation et de condensation, des gaz comme le dioxyde de soufre contribuent également à définir le pH de l'eau. Enfin, lorsque l'eau traverse les bassins versants et les rivières, le sol lui apporte les substances chimiques qui déterminent le pH des eaux de notre planète.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049299.html
