La mouche du chou (Delia radicum) est un insecte qui ressemble énormément à la mouche domestique ordinaire et qui est tout aussi inoffensive en soi. Ce sont en réalité ses larves, les asticots, qui causent tous les dégâts dans les cultures de choux, de navets, de radis et d'autres brassicacées. Ces petits parasites rongent le système racinaire des végétaux, provoquant la mort des semis et des jeunes plants repiqués.
Cycle de vie
Les mouches femelles déposent leurs œufs au pied des tiges des plantes potagères. Les œufs éclosent en avril et en mai, puis les asticots s'enfoncent dans le sol pour se nourrir des racines pendant environ trois semaines. Ils passent ensuite au stade nymphal et émergent une semaine plus tard sous forme de mouches adultes, qui pondent généralement six à sept jours après leur apparition.
Le cycle se répète tout au long de la saison de croissance, avec trois à quatre générations successives tant que les températures restent clémentes. Il peut reprendre à l'automne, lorsque le climat se rafraîchit : les dernières pupes hivernent alors dans le sol, prêtes à redémarrer le cycle au printemps suivant.
Symptômes d'une infestation
Le premier signe visible est souvent un plant flétri, un symptôme qui peut facilement être confondu avec une carence en nutriments. Sans intervention rapide, l'infestation conduit à la mort du jeune plant de brassicacée. Les plantes plus âgées tolèrent généralement mieux les attaques légères.
Lorsque vous arrachez une plante touchée, vous constaterez qu'elle a perdu une grande partie de ses racines ou que celles qui subsistent sont noircies. Il est également possible d'observer des asticots encore accrochés aux racines, voire logés à l'intérieur de celles-ci.
Traitements curatifs
Les spécialistes de la gestion des ravageurs de l'Université du Massachusetts à Amherst recommandent d'appliquer un insecticide à base de chlorpyrifos en trempage du sol afin de cibler les asticots de la mouche du chou. Dirigez le traitement vers le collet des plantes et utilisez une quantité d'eau suffisante pour que le produit descende jusqu'aux racines. Lisez attentivement l'étiquette de l'insecticide pour connaître le délai de sécurité avant la récolte. Une seconde application peut s'avérer nécessaire une semaine plus tard : inspectez soigneusement la zone pour vérifier la présence éventuelle de nouveaux asticots.
À noter : en Europe, le chlorpyrifos est désormais interdit. Les jardiniers européens privilégieront donc des alternatives comme les nématodes bénéfiques (Steinernema feltiae), à appliquer par arrosage du sol, ou des traitements biologiques homologués.
Moyens de prévention
La meilleure défense consiste à créer une barrière physique empêchant les asticots d'atteindre vos brassicacées. Découpez un carton de lait ciré en carrés d'environ 5 centimètres, pratiquez une entaille du bord jusqu'au centre, puis glissez chaque carré autour de la tige du plant. Pressez le carton contre le sol : cette collerette empêche la mouche de pondre ses œufs au pied de la plante.
Pensez également à installer un voile anti-insectes dès la plantation et à pratiquer la rotation des cultures pour rompre le cycle du ravageur. À l'automne, bêchez le sol afin de remonter les pupes à la surface : elles seront ainsi exposées aux oiseaux et à leurs autres prédateurs naturels. Cette méthode ne suffit pas à elle seule à éliminer une infestation, mais elle contribue à réduire significativement la population d'asticots pour la saison suivante.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/pests-weeds-problems/1007048698.html
