Abattre un arbre n'est souvent que la première étape : la souche laissée en place peut rapidement devenir un véritable casse-tête. En plus de nuire à l'esthétique de votre paysage résidentiel, elle constitue un obstacle gênant pour la tondeuse, l'épandeur et la plupart des équipements de jardin. Une souche de cèdre finira par se décomposer d'elle-même, mais ce processus naturel est extrêmement lent.
Les champignons à la rescousse
Le bois devient vulnérable à la décomposition dès qu'il ne fait plus partie d'un arbre vivant. Si les bactéries sont les principaux décomposeurs de la matière végétale dans un tas de compost, ce sont surtout les champignons qui s'attaquent aux morceaux de bois isolés. Le bois mature contient une forte proportion de lignine, une composante fibreuse particulièrement résistante à la dégradation. Or, les champignons excellent justement dans la digestion de cette substance. La décomposition du bois est déjà un processus lent, mais elle peut être encore plus longue lorsque l'arbre abattu était en bonne santé : la souche reste alors vivante et offre une meilleure résistance aux attaques fongiques. Si votre souche produit encore des rejets et des drageons, elle est toujours vivante et donc moins susceptible de pourrir rapidement.
L'inconvénient de la durabilité
Le bois de cèdre est naturellement résistant à la pourriture. Cette qualité est généralement accueillie avec enthousiasme : elle explique la réputation du cèdre comme matériau de choix pour les poteaux de clôture, le bardage extérieur, les terrasses et les caissettes de semis. La suppression d'une souche est toutefois l'un des rares cas où cette durabilité devient une nuisance. Une souche ordinaire peut mettre environ dix ans à se transformer en morceaux de bois pourri assez mous pour être ramassés au râteau et compostés. Le cèdre, lui, peut prendre beaucoup plus de temps : un poteau de clôture en cèdre non traité reste en bon état pendant plus de vingt ans, et il est tout à fait possible qu'une souche de cèdre persiste durant une période similaire.
Les champignons et leurs conditions idéales
Comme tous les organismes vivants, les champignons agissent avec efficacité uniquement lorsque les conditions environnementales leur sont favorables. Le premier besoin fondamental est l'humidité : les champignons responsables de la décomposition ont besoin d'eau pour croître et se reproduire, et ils ne peuvent digérer un bois dont le taux d'humidité est inférieur à environ 20 %. Si l'arbre était mort depuis longtemps au moment de l'abattage, la souche obtenue risque d'être trop sèche pour permettre une activité fongique. La température joue également un rôle important : la plupart des espèces fongiques responsables de la décomposition du bois préfèrent des températures ambiantes comprises entre 24 et 32 °C (75 à 90 °F).
Accélérer la décomposition
Vous pouvez faciliter le processus en créant un environnement apprécié des champignons. La première étape consiste à supprimer régulièrement et sans délai tous les nouveaux rejets et drageons afin d'épuiser progressivement les réserves nutritives de la souche ; cela précipite sa mort et réduit la résistance opposée aux champignons. Vous pouvez ensuite utiliser tous les moyens disponibles pour maintenir la souche humide et chaude. En été, arrosez-la occasionnellement au tuyau afin de conserver son humidité. Pendant les saisons plus fraîches, recouvrez-la d'un voile de forçage ou d'une bâche en plastique transparent : ces protections retiennent l'humidité et captent la lumière du soleil pour augmenter la température.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/trees/1007027207.html
