La pourriture noire des racines, causée par le champignon Thielaviopsis basicola, touche une grande variété de plantes ornementales et agricoles, dont l'oranger et les autres agrumes. Ce pathogène se propage rapidement lorsque les températures se situent entre 10 et 16 °C, mais devient largement inactif au-delà de 30 °C. Les orangers, qui affectionnent la chaleur, courent donc leur plus grand risque de contamination durant les journées fraîches et humides du printemps. La maladie s'attaque aussi bien aux jeunes plants qu'aux arbres matures.
Le champignon responsable
Le champignon produit deux types de spores présentes dans le sol. Les endoconidies, rectangulaires à coins arrondis, meurent après quelques mois seulement. Les chlamydospores, en forme de tonneau, survivent quant à elles pendant plusieurs années. Une fois parvenues à maturité, celles-ci se séparent, chaque spore restant capable de germer. L'eau, le sol ainsi que les sciarides et les mouches des rivages qui se nourrissent de plantes infectées transportent ensuite ces spores vers les racines saines des orangers.
Conditions de sol favorables
La pourriture noire des racines prospère dans un sol dont la température oscille entre 10 et 17 °C et dont l'humidité atteint environ 70 % de sa capacité de rétention. Le champignon exige un pH modérément acide à alcalin, supérieur à 5,6. Il commence à dépérir à un pH de 5,5 ; une acidité de 4,8 suffit à le détruire. Or, comme les orangers et la plupart des agrumes donnent leurs meilleurs résultats avec un pH compris entre 6 et 8, l'usage d'amendements acidifiants peut nuire aux arbres tout en éradiquant la maladie : la prudence est donc de mise.
Symptômes
Chez les orangers infectés, les racines fibreuses développent des lésions noires et nécrotiques, dépassant parfois 1,3 cm de diamètre. Cette condition entraîne un net retard de croissance chez les jeunes plants. Chez les arbres adultes, la pourriture du collet associée au Thielaviopsis provoque des taches et des suintements sur l'écorce du tronc. À mesure que l'infection progresse, elle peut ceinturer le tronc et interrompre la circulation de l'eau et des nutriments. Le feuillage et les rameaux finissent alors par flétrir, puis mourir.
Le lien avec la tourbe
Une étude menée par des chercheurs du Centre de recherche et de formation sur les agrumes de l'Université de Floride a identifié les substrats sans sol à base de tourbe comme source d'infections chez les jeunes plants d'oranger élevés en serre. Publiée en décembre 1991 dans la revue Plant Disease, cette recherche a désigné les substrats commerciaux à base de tourbe ainsi que la sphaigne canadienne en balles comme vecteurs de contamination. Les scientifiques ont également constaté que des traces du champignon subsistaient dans l'air de la serre jusqu'à deux mois après le retrait des plants malades, celui-ci survivant dans les débris de tourbe et sous forme de spores aériennes. Ces résultats suggèrent qu'en conditions de serre, la maladie peut également se propager aux autres plantes cultivées sur substrat de tourbe.
Lutte et prévention
Planter les jeunes plants d'orager uniquement lorsque la température du sol dépasse 17 °C constitue une première barrière efficace contre l'infestation. Sur le plan chimique, un traitement du sol par arrosage avec un fongicide à base de benzimidazole, appliqué selon les instructions du fabricant, donne de bons résultats. Enfin, soumettre les substrats à base de tourbe à un traitement à la vapeur pendant 30 minutes à 60 °C les rend totalement sûrs pour la culture des plants en conteneurs.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/plant-basics/1007111586.html
