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Azote et vers de terre : quel impact des niveaux d'azote sur la vie du sol ?

Le sol n'est pas qu'une simple terre : c'est une communauté vivante à part entière. Un sol sain peut abriter jusqu'à un milliard d'organismes par centimètre cube. Parmi ces habitants figurent les vers — en particulier les vers de terre. Les interactions entre les différents organismes créent une dynamique entre deux éléments essentiels du sol : le carbone et l'azote. L'azote, nutriment crucial pour les plantes, agit comme un catalyseur de la décomposition bactérienne du carbone. L'apport d'azote synthétique peut donc modifier sensiblement l'environnement des vers de terre.

Vers de terre et azote : une relation complexe

On recense environ 2 700 espèces de vers de terre dans le monde. Toutefois, trop peu d'études ont été menées pour établir des conclusions générales sur les effets de l'azote sur l'ensemble d'entre elles. De plus, ces animaux sont mobiles : une variation des niveaux d'azote dans une zone du sol peut provoquer de courtes migrations vers ou à l'écart des zones concentrées, selon la manière dont celles-ci interagissent avec le carbone et les autres éléments présents. Les vers produisent eux-mêmes de l'azote via leur mucus et leurs excrétions, si bien que les niveaux d'azote du sol et les populations de vers entretiennent une relation réciproque.

Les cycles naturels

Les vers produisent de l'azote lorsqu'ils se nourrissent, d'une manière comparable à celle des humains : tous deux génèrent des déchets liquides — l'urine — dans le cadre de leur métabolisme. L'urine humaine est riche en azote, et celle des vers l'est tout autant. Les lombriculteurs qui récupèrent ce liquide l'appellent « thé de vers », un engrais très prisé des jardiniers biologiques. Les bactéries du sol utilisent ensuite diverses formes d'azote pour décomposer la matière riche en carbone, comme la paille, le bois ou les feuilles mortes. Les variations cycliques des niveaux d'azote au cours de ce processus naturel ne semblent avoir aucun effet notable sur les vers.

Décomposition anaérobie

L'ajout de matières azotées aux tas de compost — tontes de gazon, épluchures fraîches, voire urine humaine — accélère la décomposition des matériaux carbonés, que les vers consomment ensuite et transforment. Des doses excessives d'azote peuvent néanmoins déséquilibrer ce processus et favoriser, en milieu statique, une décomposition anaérobie qui repousse les vers en raison du manque d'oxygène. On a également observé des vers fuyant les fortes doses d'engrais azotés synthétiques. Une explication possible de cet effet répulsif réside dans la présence de sels dans l'azote de synthèse, que les vers trouvent inhospitaliers.

Les champs cultivés industriellement

La densité de vers de terre dans la plupart des champs recevant chaque année de fortes doses d'engrais azotés synthétiques est nettement inférieure à celle observée dans les sols des jardiniers biologiques. Les champs cultivés industriellement sont également labourés chaque année, ce qui expose le sol retourné à l'oxygène lors de l'apport d'azote, déclenchant une prolifération bactérienne qui libère rapidement de grandes quantités de carbone dans l'atmosphère, où il n'est plus disponible sous forme organique pour nourrir les vers. Le labour perturbe lui-même les vers, de sorte qu'il est difficile de déterminer dans quelle mesure les niveaux d'azote sont responsables du déclin de leurs populations.

En résumé

L'azote est indispensable à la vie du sol, mais son excès — notamment sous forme synthétique — peut perturber l'équilibre fragile permettant aux vers de prospérer. Privilégier des apports organiques modérés, tels que le compost et le thé de vers, demeure la meilleure stratégie pour préserver ces précieux alliés du jardinier.


Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/outdoor-growing/1007111228.html
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