La première variété de pastèque sans pépins (Citrullus lanatus) est apparue sur le marché en 1962, et dès les années 1990, ces variétés étaient devenues suffisamment fiables et productives pour s'imposer comme un atout majeur de la production commerciale de pastèques. Les pastèques sans pépins, dont les fruits ne contiennent pas de graines noires à coque dure, ne sont pas génétiquement modifiées — mais ce ne sont pas non plus des hybrides ordinaires.
Comprendre les organismes génétiquement modifiés
Un organisme se développe et fonctionne selon les gènes contenus dans ses cellules. Dans la nature, les gènes d'une espèce ne se mélangent pas avec ceux d'une autre espèce, car des organismes d'espèces différentes ne peuvent pas se reproduire entre eux. Le processus de modification génétique permet de franchir cette barrière naturelle : il offre aux scientifiques la possibilité de transférer des caractères génétiques d'un organisme vers un organisme totalement sans lien avec lui. Par exemple, certaines variétés de maïs (Zea mays) ont été génétiquement modifiées pour résister aux insectes grâce à l'ajout d'un gène issu d'une bactérie appelée Bacillus thuringiensis.
Comprendre les hybrides
Les variétés hybrides résultent de techniques de sélection particulières, mais ces méthodes n'impliquent aucun transfert de gènes d'une espèce à une autre. Un hybride est tout simplement la descendance de première génération issue d'une pollinisation croisée soigneusement contrôlée entre deux variétés stables. Les sélectionneurs utilisent ce type de croisement pour obtenir des plantes plus vigoureuses, plus productives, plus homogènes ou plus tolérantes au stress que leurs parents. Néanmoins, certains jardiniers évitent les hybrides car ils ne « reproduisent pas fidèlement » leurs caractères : autrement dit, les caractéristiques d'un hybride ne sont pas génétiquement stables, et les graines récoltées sur une variété hybride ne donneront pas de manière fiable des plantes semblables à la plante mère.
Comprendre les pastèques sans pépins
Les pastèques sans pépins sont le fruit d'un processus complexe qui associe l'hybridation à d'autres techniques avancées de sélection. Leurs gènes sont manipulés pour produire des plantes incapables de se reproduire correctement, car elles possèdent trois jeux de chromosomes au lieu de deux : on parle de plantes triploïdes. Cette manipulation est certes artificielle, mais les pastèques sans pépins ne sont pas des OGM, car elles ne contiennent aucun gène provenant d'organismes sans parenté avec elles. En matière de conservation des semences, elles sont même pires que les hybrides : non seulement elles ne reproduisent pas fidèlement leurs caractères, mais surtout, elles ne forment pas de graines matures du tout — il n'y a donc rien à récolter. Les petits pépins blancs que l'on trouve dans ces pastèques sont des enveloppes de graines vides, incapables de germer.
Conseils de culture
Les jardiniers amateurs cultivent rarement des pastèques sans pépins, car elles exigent des pratiques culturales spécialisées et leurs semences sont coûteuses. Ces variétés germent mal : il faut donc contrôler soigneusement la température du substrat de germination, idéalement autour de 29 °C (85 °F). Il faut également éviter toute forme de stress thermique pendant le stade du semis. La technique culturale la plus importante consiste à intercaler une variété pollinisatrice parmi les plants sans pépins. Ces plantes pollinisatrices ont pour unique rôle de fournir du pollen aux fleurs des pastèques sans pépins, lesquelles ne peuvent pas produire le leur.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-vegetables/1007025609.html
