Les plantes compagnes sont celles qui s'apportent mutuellement des bénéfices lorsqu'elles poussent à proximité l'une de l'autre. Mais attention : toutes les plantes ne s'entraident pas. Les carottes, par exemple, favorisent les tomates, alors que les tomates cultivées près des carottes freinent leur croissance, pour une raison encore mal expliquée. Surtout, toutes les plantes n'ont pas les mêmes exigences de culture. Lorsque l'écart est trop important en termes d'acidité du sol, d'humidité ou de drainage, il devient peu pratique, voire impossible, de cultiver deux espèces ensemble.
Des besoins en sol incompatibles
Les tomates s'adaptent à une grande variété de sols. Elles apprécient un paillage organique généreux ou du compost bien décomposé, ainsi qu'un pH neutre compris entre 6,5 et 7,0. Dans la plupart des jardins, il faut ajouter de la chaux pour réduire l'acidité naturelle du terrain. Les tomates préfèrent un sol bien drainé et des arrosages légers mais fréquents.
Les myrtilles, en revanche, exigent un tout autre environnement : elles prospèrent dans un sol acide dont le pH se situe entre 4,8 et 6,2. L'apport de soufre mouillable est souvent nécessaire pour atteindre ce niveau d'acidité et garantir une récolte saine. Comme les tomates, elles demandent un sol bien drainé, mais qui retient suffisamment l'humidité. Par temps particulièrement sec, un arrosage profond deux à trois fois par semaine est indispensable.
Un espacement à respecter
Les myrtilles se plantent idéalement sur buttes ou billons surélevés d'environ 15 cm au-dessus du sol environnant. À l'image des tomates, elles ont besoin d'espace et de couloirs d'aération entre les plants afin de favoriser la pollinisation croisée et de garder les feuilles et les tiges bien au sec.
Pour les tomates, un tuteurage soigné et un espacement adéquat sont essentiels : selon la variété choisie, comptez 60 à 90 cm entre les plants, en rangs espacés de 1,20 à 1,50 m. Ces distances conviennent parfaitement aussi aux myrtilles. La circulation de l'air est vitale pour les deux cultures : plantées trop serrées, elles deviennent vulnérables à une pollinisation insuffisante et aux maladies.
Une fertilisation difficile à concilier
Les tomates sont des plantes gourmandes. Cultivées à proximité d'autres végétaux, elles peuvent épuiser les nutriments du sol environnant et affaiblir les plantes situées en bordure de la zone fertilisée.
Les myrtilles, quant à elles, nécessitent beaucoup moins d'engrais : une application légère en début de saison leur suffit amplement. En revanche, elles peuvent flétrir dans un sol trop riche en éléments nutritifs ou trop alcalin. Leur système racinaire, superficiel et très étendu, risque de puiser dans le sol fortement fertilisé autour des tomates. Résultat : la plante est surchargée d'engrais et la vigueur du buisson diminue sensiblement.
Verdict : mieux vaut les séparer
Les tomates ont besoin d'au moins six à huit heures de plein soleil par jour. Les myrtilles apprécient également le plein soleil, mais tolèrent jusqu'à 50 % d'ombre. Toutes deux requièrent beaucoup d'espace et acceptent d'autres fruits et légumes compatibles à leurs côtés, voire entre les rangs dans le cas des myrtilles.
Cependant, compte tenu de leurs besoins si différents en matière d'humidité, de pH et de fertilisation, les tomates ne constituent pas un bon choix pour combler votre plantation de myrtilles. Pour offrir à ces deux cultures exigeantes les conditions dont elles ont besoin pour bien fructifier, le plus sage est de les planter loin l'une de l'autre et de leur trouver chacune des compagnons de culture véritablement adaptés.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-tomatoes/1007133382.html
