L'humanité entretient une relation ambivalente avec les champignons. La truffe constitue un délice gastronomique recherché, tandis que le champignon responsable du pied d'athlète ne procure que des désagréments. Certains champignons décomposent les arbres morts en sol riche et fertile, mais peuvent aussi détruire le bois de votre maison. Le règne fongique regroupe des milliers d'espèces, dont la plupart sont capables de se reproduire de façon sexuée, asexuée, ou les deux selon les circonstances. L'univers reproductif des champignons s'étend des spores éclatantes aux corps fructifères spectaculaires.
Les bases de la reproduction fongique
Bien qu'il existe une grande diversité de champignons, la plupart partagent une structure similaire. Le corps principal d'un champignon est constitué d'un réseau de filaments microscopiques appelés hyphes. Cet ensemble forme le mycélium. Chez les champignons terrestres, le mycélium se développe sous terre et peut s'étendre sur plusieurs kilomètres, formant ainsi l'un des plus grands organismes vivants de la planète.
Chez de nombreux champignons, les hyphes jouent un rôle essentiel dans la reproduction. Par exemple, certains produisent un corps fructifère formé d'hyphes étroitement compactées qui émergent du sol : c'est la partie visible que nous appelons communément « champignon ».
Les spores asexuées
Au cours de la reproduction asexuée, certaines hyphes se transforment en organes producteurs de spores appelés sporanges ou conidies. Le groupe des Zygomycètes développe des sporanges à l'intérieur d'un sac. Ce sac finit par éclater pour libérer les spores dans l'environnement. Une fois déposées dans un habitat favorable, elles germent et donnent naissance à une nouvelle hyphe qui se développe progressivement en mycélium complet.
Dans les groupes des Ascomycètes et des Basidiomycètes, les spores appelées conidies ne sont pas enfermées dans un sac protecteur. Après leur dispersion par le vent, l'eau ou les animaux, elles germent et forment un nouveau mycélium. Les Ascomycètes comprennent notamment le champignon responsable du pied d'athlète, tandis que les Basidiomycètes incluent les champignons à chapeau que nous connaissons bien.
La reproduction sexuée
Certains champignons capables de se reproduire de manière asexuée peuvent également se reproduire sexuellement. Lors de la reproduction sexuée, les hyphes de deux individus compatibles se rencontrent et fusionnent pour former une structure appelée gamétange, lors d'un processus nommé plasmogamie.
À l'intérieur du gamétange, les noyaux des cellules provenant des deux individus fusionnent. Cette étape, appelée caryogamie, combine et mélange le patrimoine génétique des deux parents. La caryogamie produit une spore diploïde, c'est-à-dire possédant le double du nombre normal de chromosomes. Lors de la méiose, cette spore diploïde se divise pour créer des spores haploïdes, chacune portant le nombre normal de chromosomes et présentant une combinaison génétique unique.
Les Zygomycètes, les Ascomycètes et les Basidiomycètes se reproduisent tous sexuellement. La différence principale réside dans la structure formée par les spores : les Basidiomycètes produisent des corps fructifères appelés basidiocarpes portant des basides ; les Ascomycètes forment des sacs microscopiques appelés asques ; et les Zygomycètes produisent des zygospores résistantes.
La diversité des modes de reproduction
Si certains groupes de champignons se reproduisent à la fois sexuellement et asexuellement par spores, d'autres groupes ne se reproduisent que de façon asexuée. C'est le cas de certaines levures qui se multiplient par division cellulaire, ainsi que d'autres champignons qui se reproduisent par fragmentation : un morceau d'hyphes se détache puis se développe pour former un nouveau mycélium autonome.
Les lichens, cette fascinante association symbiotique entre champignons et algues, se reproduisent également de manière asexuée. Lors de la reproduction, des fragments d'hyphes s'associent à des cellules d'algues au sein d'une structure appelée sorédie. Les sorédies se dispersent ensuite depuis le lichen parent, transportées par le vent ou l'eau, pour former un nouveau lichen ailleurs.
Enfin, bien que les moisissures visqueuses (myxomycètes) soient classées parmi les protistes, leur stratégie reproductive ressemble étonnamment à celle des champignons : elles forment des spores dans des corps fructifères. Ces organismes singuliers pourraient d'ailleurs avoir été les précurseurs évolutifs du règne fongique lui-même.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-mushrooms/1007131982.html
