Le romarin, plante aromatique originaire du bassin méditerranéen, est bien plus qu'une simple herbe de cuisine. Son parfum puissant et envoûtant en a fait, pour de nombreuses cultures, un symbole de souvenir, d'amour, d'amitié et de fidélité. Sa mythologie remonte jusqu'aux Égyptiens, qui le plaçaient dans les tombes de leurs défunts. Il occupa ensuite une place importante dans les légendes de la Grèce et de la Rome antiques, tandis que les récits l'associant à la Vierge Marie perdurent encore aujourd'hui.
Au mariage et aux funérailles
Inspiré par la croyance grecque antique selon laquelle le romarin renforçait la mémoire, son usage lors des mariages s'est transmis à travers les siècles comme emblème de fidélité. Les mariées portaient souvent des couronnes de romarin autour de la tête, comme Anne de Clèves, dit-on, lorsqu'elle épousa le roi Henri VIII. Certains couples confectionnaient également des bouquets de romarin à offrir aux invités, en guise de rappel de leur amour et de promesse de loyauté.
La même association était évoquée lors des funérailles : les personnes endeuillées jetaient fréquemment des brins de romarin dans la tombe, en hommage affectueux et en mémoire du défunt.
Dans la littérature
Les grands dramaturges de la Renaissance, tels que William Shakespeare et Ben Jonson, ont exploité la richesse symbolique du romarin pour exprimer le désir de souvenir, d'amour et de fidélité dans leurs œuvres.
Dans Hamlet, Ophélie utilise avec force le romarin pour supplier son frère Laërte de se souvenir de leur famille et de venger l'assassinat de leur père. Les pièces de Ben Jonson font quant à elles allusion à son usage lors des célébrations du Nouvel An, où il était offert aux convives comme cadeau porteur de bonheur et de prospérité.
Pour la protection
Une ancienne légende relie le romarin à la Vierge Marie : on raconte qu'elle aurait jeté son manteau sur un buisson de romarin, ce qui expliquerait la couleur bleue de ses fleurs. Cette association sacrée a conduit les populations à lier la plante à la chance et à la protection.
Ainsi, une branche de romarin placée sous l'oreiller était censée éloigner les esprits malveillants et prévenir les cauchemars. En France, les hôpitaux brûlaient du romarin afin de purifier l'air et de prévenir la propagation des infections — un usage qui anticipait, d'une certaine manière, les propriétés antiseptiques que la science moderne lui reconnaît aujourd'hui.
Dans la maison
Dans la Rome antique, on drapait du romarin sur les statues domestiques, car il incarnait la stabilité du foyer. Plus tard, au Moyen Âge, les jeunes mariés avaient coutume de planter une brindille de romarin dans leur jardin : si elle prenait racine et grandissait, elle était interprétée comme un bon présage pour l'avenir du couple.
Un jardin de romarin florissant symbolisait par ailleurs la force et le pouvoir de la maîtresse de maison, faisant de cette plante modeste un véritable baromètre de l'harmonie familiale.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-herbs/1007131381.html
