Une lutte efficace contre les ravageurs des cultures de riz est absolument vitale : une simple baisse de 10 % de la production mondiale suffirait à exposer des millions de personnes à la faim, à la famine, voire à la mort. Le riz est une graminée annuelle domestiquée qui constitue l'aliment de base de plus d'un cinquième de la population mondiale. Lorsque les organismes nuisibles ont décimé les récoltes japonaises au XVIIIe siècle, 12 000 personnes sont mortes de faim.
Les ravageurs qui s'attaquent aux racines et aux tiges
Les termites et les charançons aquatiques du riz endommagent les racines des plants de riz. Les termites, insectes très répandus, profitent des périodes de sécheresse pour s'attaquer aux rizières d'Afrique de l'Ouest. Les larves du charançon aquatique du riz causent quant à elles d'importants dégâts aux États-Unis en dévorant les racines des plantes.
Les insectes foreurs de tiges, comme certaines mites, pondent leurs œufs sur les feuilles ; à l'éclosion, les larves creusent l'intérieur de la tige, ce qui entraîne des grains abîmés ou manquants. Aux États-Unis, les principaux ravageurs des tiges du riz sont le foreur de la canne à sucre et le foreur de tige du riz.
Les ravageurs qui dévorent les jeunes plants
L'ampullaire géante, également connue sous les noms d'escargot pomacée doré ou d'« escargot miracle doré », ravage les jeunes plants de riz dans plusieurs pays asiatiques tels que la Chine, l'Indonésie et le Japon. Ces mollusques détruisent les jeunes plants en sectionnant les feuilles ou des tiges entières.
Chaque ponte regroupe entre 50 et 500 œufs roses, qui éclosent au bout de quinze jours au maximum. Les adultes se nourrissent intensément pendant un mois et demi et peuvent entrer en dormance dans le sol durant les périodes sèches. Bien que leur espérance de vie n'excède pas deux mois environ, ces escargots se multiplient rapidement dans les zones touchées, car ils s'accouplent toute l'année dès lors que de l'eau est disponible.
Les ravageurs vecteurs de virus
Les cicadelles sont des ravageurs asiatiques qui s'attaquent au riz en suçant la sève des feuilles. Les plants atteints se dessèchent, brunissent et présentent ce que l'on appelle une « brûlure par cicadelles » (hopper burn), car ils ressemblent à des cultures endommagées par le feu.
Ces insectes transmettent également de graves maladies virales, notamment le virus du tungro du riz. Celui-ci provoque un brunissement et une marbrure des feuilles ; il figure parmi les maladies les plus dévastatrices pour les rizières d'Asie du Sud-Est. Après s'être nourries sur des plants malades, les cicadelles restent porteuses du virus pendant cinq à sept jours et le transmettent à chaque plant qu'elles visitent.
La cicadelle brune est un autre fléau asiatique majeur : elle aspire non seulement la sève jusqu'à faire mourir les plants infestés, mais véhicule aussi le virus du nanisme herbeux (grassy stunt virus).
Les ravageurs qui attaquent les feuilles
De nombreuses espèces d'insectes se nourrissent des feuilles du riz, provoquant une défoliation partielle. Parmi les plus courants figurent les larves et les adultes de coléoptères et de papillons de nuit. Aux États-Unis, le charançon du riz et la chenille légionnaire dévorent ainsi le feuillage des plants.
Heureusement, lorsque les dégâts surviennent tôt dans le cycle de vie, les plantes parviennent à produire de nouvelles feuilles pour remplacer celles qui ont été consommées. Toute réduction du feuillage diminue toutefois leur capacité à synthétiser leur nourriture par photosynthèse, ce qui freine leur croissance.
Les ravageurs qui s'attaquent aux grains
Les insectes qui se nourrissent du liquide blanc contenu dans les grains en formation sont appelés « suceurs de grains ». Les punaises nébuleuses sont les principaux représentants de ce groupe en Amérique du Nord. Elles possèdent des pièces buccales spécialement adaptées pour extraire ce liquide, appelé « lait », des grains en développement.
Après une attaque précoce, les plants parviennent généralement à reconstituer leurs grains. En revanche, ils ne peuvent pas se remettre d'une attaque tardive : la récolte est alors contaminée par des bactéries ou des champignons injectés dans les grains par les insectes infectés. Ces grains souillés donnent ce que l'on appelle le « riz piqué » (pecky rice).
Face à ces multiples menaces, une surveillance rigoureuse des cultures et le recours à des méthodes de lutte intégrée restent indispensables pour protéger cette céréale dont dépend la sécurité alimentaire mondiale.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-edibles/1007105062.html
