Le compost mûr est un amendement précieux pour le sol : riche en nutriments essentiels aux plantes, il améliore la structure du sol, limite le ruissellement, introduit et maintient des micro-organismes bénéfiques, favorise la rétention d'humidité et peut offrir aux végétaux une certaine protection contre les ravageurs et les maladies. Le compostage en réacteur fermé avec aération forcée constitue l'une des méthodes permettant d'obtenir ce résultat.
Les différentes méthodes de compostage
Selon le site de l'IFAS Extension de l'Université de Floride, il existe quatre grands types de systèmes de compostage : les tas statiques, les tas statiques à aération forcée, le compostage en réacteur fermé (in-vessel) et les andains retournés. Le choix de la méthode repose sur plusieurs critères : la surface de terrain, le budget et la main-d'œuvre disponibles, la quantité et la nature des matières à composter, le produit final recherché ainsi que le délai souhaité pour l'obtenir.
Toutes les installations ne visent pas nécessairement un compost totalement mûr, c'est-à-dire de l'humus. Certaines préfèrent une décomposition partielle afin de faciliter l'élimination des déchets. Le système en réacteur fermé à aération forcée combine justement un dispositif confiné et une technique d'aération active.
Les systèmes en réacteur fermé
Aussi appelés bacs à compost ou réacteurs clos, les systèmes en conteneur consistent à placer les matières compostables — déchets alimentaires et résidus de jardin — dans des conteneurs partiellement ou entièrement fermés. Les magasins de jardinage proposent d'ailleurs des bacs à compost destinés aux particuliers, qui constituent de petits systèmes en réacteur fermé. Dans les modèles sans aération forcée, il faut retourner régulièrement le contenu pour apporter de l'oxygène aux matières en décomposition. Plus efficaces en termes d'encombrement que les autres options, ces systèmes sont toutefois plus coûteux à l'achat et à l'exploitation.
Les systèmes d'aération forcée
Les systèmes d'aération forcée sont utilisés dans les grandes installations de compostage pour fournir de l'oxygène aux matières en décomposition. Lorsqu'ils sont associés à un réacteur fermé, ils reposent sur un plancher perforé ou des tuyaux installés au fond des bacs, reliés à une pompe qui aspire ou insuffle l'air à travers le tas. Le mélange reste ainsi constamment oxygéné, sans intervention manuelle.
L'importance de l'oxygène
Dans un tas de compost sain, les matières sont dégradées par des micro-organismes aérobies, c'est-à-dire ayant besoin d'oxygène pour survivre. Lorsque le taux d'oxygène descend sous 10 %, certaines zones du tas deviennent anaérobies — privées d'oxygène — et les micro-organismes anaérobies prennent le dessus. Ces derniers produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre, ainsi que du sulfure d'hydrogène, reconnaissable à son odeur d'œufs pourris. La décomposition anaérobie est également beaucoup plus lente que la décomposition aérobie.
Par leur nature confinée, les systèmes en réacteur fermé présentent un risque réel de limitation sévère de l'apport en oxygène. L'intégration d'un système d'aération forcée élimine ce risque et accélère ainsi considérablement le processus de décomposition, tout en limitant les mauvaises odeurs.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049725.html
