Certains jardiniers arrachent les racines des plantes à la fin de chaque saison, pensant ainsi faire de la place pour les cultures suivantes. Pourtant, ces racines offrent de nombreux bénéfices aux plantations. C'est pourquoi certains préfèrent les laisser en place, selon une pratique connue sous le nom de plantation de chaume. Cette technique consiste à couper la partie aérienne des vieilles plantes tout en conservant leur système racinaire dans le sol. On obtient ainsi un véritable réseau souterrain de racines et de nutriments dont les nouvelles cultures peuvent tirer parti.
Le rôle essentiel des mycorhizes
Les plantes dépendent d'un champignon appelé mycorhize pour décomposer efficacement les nutriments présents dans le sol. Or, ces champignons mettent parfois du temps à s'implanter durablement. En laissant les systèmes racinaires en place, le sol contient déjà une communauté de mycorhizes active et immédiatement disponible pour les jeunes plants.
Un allié contre le travail intensif du sol
Beaucoup de jardiniers retournent la terre pour améliorer son aération et réduire sa compaction, favorisant ainsi la croissance des plantes. D'autres adoptent des méthodes sans labour, fondées précisément sur la conservation du chaume : celui-ci protège le sol contre l'érosion et préserve ses nutriments.
De nombreux organismes bénéfiques, qui se nourrissent des pathogènes, vivent naturellement dans le sol, mais le labour les élimine. Le chaume contribue également à maintenir une température stable, permettant aux plantes et aux organismes du sol de survivre même pendant l'hiver. La méthode sans labour réduit par ailleurs considérablement le travail d'entretien nécessaire.
Enfin, le chaume facilite l'infiltration profonde de l'eau, ce qui évite de noyer les plantations, et il empêche l'azote de lessiver hors du sol.
Choisir les bonnes plantes de couverture
Certaines cultures, appelées plantes de couverture ou engrais verts, se prêtent particulièrement bien au système du chaume : navets, radis et colza en font partie. Il est recommandé de varier les espèces afin de cumuler leurs bienfaits :
- Les légumineuses fixent l'azote atmosphérique et enrichissent le sol.
- Les plantes à pivot profond préviennent efficacement la compaction du sol.
- Le colza, la moutarde et le navette améliorent le recyclage des résidus organiques.
En stimulant ce recyclage, les jardiniers favorisent l'activité microbienne, ce qui a pour effet secondaire de réchauffer légèrement le sol — un avantage précieux pour semer plus tôt les espèces exigeant certaines températures pour prospérer. Le couvert végétal limite également la pousse des mauvaises herbes indésirables.
Règle d'or : les meilleures plantes de couverture sont celles qui n'appartiennent pas à la même famille botanique que les cultures que vous souhaitez protéger, afin d'éviter la transmission des maladies et des parasites.
L'importance du taux de carbone
Les périodes les plus propices à la plantation de chaume sont celles où le jardin subit une forte pression de ravageurs, lorsque l'azote est immobilisé dans le sol ou quand la préparation du terrain s'avère difficile. Bien que le processus puisse légèrement modifier la structure du sol, son impact reste bien moindre que celui du labour.
Les microorganismes devraient décomposer environ 70 % du chaume, voire davantage au fil du temps. C'est le taux de carbone qui détermine la solidité de la structure du sol, en favorisant la multiplication des champignons et des bactéries bénéfiques.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/lawn-planting/1007046826.html
