Les aubépines (Crataegus spp.) comptent parmi les groupes les plus vastes de la famille des rosacées et rassemblent des centaines d'espèces d'arbres et d'arbustes. Pourtant, seules quelques-unes sont réellement proposées dans les pépinières. La plupart de ces aubépines cultivées possèdent des qualités ornementales idéales en arrière-plan d'un massif de vivaces ou en silhouette dressée contre un mur. Avant de les planter, il convient toutefois de bien connaître leurs attributs les plus séduisants… comme leurs défauts.
Une apparence pleine de caractère
L'aubépine apporte une dimension évocatrice au paysage. Son tronc est souvent tortueux et ses branches en zigzag s'arquent vers le haut et l'extérieur en cascades superposées. Ce port naturel contraste avec la silhouette régulière, sûre mais banale, des érables ou des ormes.
L'aubépine offre également un intérêt ornemental qui évolue au fil des saisons. Les feuilles dentelées, d'un vert émeraude lumineux chez de nombreuses espèces, virent à l'orange flamboyant et au jaune doré en automne. Une fois le feuillage tombé, les fruits brillent d'un rouge ou d'un orange éclatant, rappelant les pommettes ou les cynorhodons. Au printemps, les variétés se couvrent de fleurs blanches éclatantes, rouges ou roses, très mellifères pour les pollinisateurs.
Un refuge précieux pour la faune
Les aubépines figurent parmi les arbres les plus appréciés de la faune sauvage. Lapins, cerfs et autres animaux opportunistes se délectent de leurs fruits colorés durant les mois froids. Les graines restantes font le régal des oiseaux chanteurs, qui trouvent par ailleurs un abri sûr dans les branches denses et épineuses de l'arbre. À l'état naturel, les aubépines forment souvent des fourrés protecteurs où le tétras peut se dissimuler des prédateurs.
Si vous aménagez un jardin naturalisé destiné à accueillir la faune, ces qualités font de l'aubépine une candidate de premier choix.
Une adaptabilité remarquable
Peu d'arbres s'adaptent aussi bien que l'aubépine. Elle tolère la sécheresse et, contrairement à beaucoup d'autres essences, présente même une silhouette plus nette lorsque les conditions sont sèches. Le froid ne dérange pas la plupart des espèces, capables de résister à des hivers rigoureux.
Le type de sol n'est pas un obstacle non plus : l'aubépine prospère aussi bien dans les terres sableuses que dans les sols lourds ou caillouteux. Cette plasticité peut cependant devenir problématique dans certaines régions. Ainsi, l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) est considérée comme une espèce envahissante en Californie, où elle concurrence la végétation indigène.
Les inconvénients à connaître
L'aubépine possède aussi des caractéristiques moins désirables, qu'il faut anticiper. Comme les autres rosacées, elle est vulnérable à plusieurs ravageurs et maladies courants, notamment le feu bactérien, la tache foliaire à Entomosporium, les pucerons et l'oïdium.
Elle peut également drageonner librement et former des touffes broussailleuses plutôt qu'un bel arbre à tronc unique. Au printemps, ses fleurs dégagent une odeur jugée désagréable par beaucoup — un détail à prendre en compte si l'arbre est planté près d'une terrasse ou d'une fenêtre.
Surtout, ses longues épines limitent son implantation dans les zones très fréquentées, près des allées ou des aires de jeux, et imposent le port de gants épais lors de la taille des rameaux fins et nombreux.
Avant d'introduire une aubépine dans votre paysage, pesez donc soigneusement ses qualités ornementales et écologiques face à ses contraintes pratiques : bien choisie et bien placée, elle saura récompenser largement le jardinier patient.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/trees/1007114409.html
