L'aquaponie est un procédé de production alimentaire qui associe deux techniques complémentaires : l'aquaculture et l'hydroponie. L'aquaculture consiste à élever des poissons en bassins, tandis que l'hydroponie désigne la culture des plantes directement dans l'eau. Le principe fondamental de l'aquaponie repose donc sur l'élevage de poissons et la culture de plantes grâce à une seule et même source d'eau.
Selon les espèces végétales et animales choisies, les installations aquaponiques fonctionnent avec de l'eau douce ou de l'eau salée. Ces systèmes peuvent être conçus à petite échelle pour un usage personnel, ou étendus jusqu'à devenir de véritables unités de production alimentaire commerciale.
Le fonctionnement du système
L'eau des bassins d'élevage contient les déjections des poissons ainsi que des restes de nourriture non consommés. Avec le temps, cette eau peut devenir toxique pour les animaux si aucun procédé de filtration, naturel ou artificiel, n'est mis en place. Paradoxalement, ces déchets et particules alimentaires renferment des nutriments très bénéfiques pour les plantes.
Dans une installation aquaponique, l'eau du bassin passe d'abord par un décanteur, puis est transférée vers la zone de culture. Une fois que les plantes ont absorbé les éléments nutritifs, l'eau s'infiltre dans un second filtre avant de retourner au bassin d'élevage. Ce cycle continu permet d'économiser l'eau tout en nourrissant simultanément les poissons et les végétaux.
Les espèces couramment cultivées
Les installations aquaponiques favorisent généralement la croissance de plantes à feuilles telles que la laitue, les épinards et les amarantes. Les plantes feuillues s'adaptent particulièrement bien à ce système, car elles tirent profit de l'azote présent dans l'eau.
En revanche, les plantes fruitières sont moins nombreuses en aquaponie, car ce type de culture n'apporte pas suffisamment de phosphore, un élément essentiel à la fructification. Certaines variétés parviennent néanmoins à s'y développer, comme les poivrons et les tomates.
Côté faune, les particuliers sont libres de choisir les poissons qu'ils souhaitent élever. Les grandes installations commerciales privilégient généralement le tilapia ou la perche jaune, deux espèces faciles à élever et appréciées sur le marché alimentaire.
Les cinq composants essentiels
Un système aquaponique complet s'articule autour de cinq éléments structurels :
- Le bassin d'élevage : il abrite les animaux aquatiques (poissons, homards, écrevisses). Certains systèmes en comptent jusqu'à quatre.
- L'élimination des solides : lorsque l'eau quitte le bassin d'élevage, elle traverse ce dispositif qui retient les déchets excessifs afin qu'ils n'atteignent pas les plantes.
- Le filtre biologique : il convertit l'ammoniac présent dans l'eau en nitrates, fournissant ainsi l'azote nécessaire aux plantes.
- Les bacs hydroponiques : c'est là que les plantes poussent et reçoivent l'eau chargée en nutriments.
- Le puisard : point le plus bas de l'installation, il renvoie l'eau vers les bassins d'élevage, bouclant ainsi le cycle.
L'aquaponie à l'époque aztèque
L'une des premières formes d'aquaponie connues remonte à la civilisation aztèque. Les agriculteurs aztèques avaient développé de petites îles artificielles appelées « chinampas », installées dans des étangs peu profonds et des zones marécageuses. Ces structures flottantes servaient à cultiver diverses denrées, notamment le maïs et la courge.
Des canaux d'eau adjacents aux chinampas permettaient aux Aztèques d'élever des poissons. Le fond de ces canaux recueillait progressivement les déchets organiques, que les Aztèques récupéraient ensuite pour fertiliser leurs cultures. Ce système ancestral illustre parfaitement le principe de symbiose entre élevage aquatique et agriculture qui définit encore l'aquaponie moderne.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/specialty-gardens/1007027073.html
