Les pluies acides font des ravages sur les plantes aquatiques fragiles. Il s'agit d'eau de pluie chargée d'acide sulfurique et d'acide nitrique émis par les usines et les véhicules. Ces émissions portent l'acidité de la pluie à des niveaux anormalement élevés et, lorsque ces précipitations tombent, elles accroissent l'acidité des lacs, des rivières et des ruisseaux. Selon Environnement Canada, une pluie dont le pH est inférieur à 5,3 est considérée comme acide. Les pluies acides peuvent ainsi nuire aux plantes aquatiques sensibles, avec des conséquences majeures pour la vie animale et l'ensemble de l'environnement.
Effets sur les plantes aquatiques
À mesure que les pluies acides remplissent les lacs et les cours d'eau, le nombre de plantes aquatiques microscopiques, notamment le phytoplancton et les algues, commence à diminuer. D'après des chercheurs du Ramapo College, dans le New Jersey, dès que le niveau d'acidité descend en dessous d'un pH de 6, la plupart des algues vertes et autres petites formes de vie végétale disparaissent. De plus, une acidité élevée peut modifier la chimie d'un lac en stimulant l'activité des phosphates et en étouffant la végétation aquatique.
Cependant, toute la vie végétale aquatique ne souffre pas de cette acidification. Des recherches menées par Environnement Canada ont montré qu'une eau plus acide favorise la prolifération des algues périphytiques, ce film vert glissant qui recouvre les rochers, les plantes riveraines et les objets submergés. Cette augmentation s'explique par le fait que l'acidité élevée élimine les herbivores microscopiques présents dans l'eau.
Des répercussions tout au long de la chaîne alimentaire
Étant donné que les plantes microscopiques comme le phytoplancton constituent le fondement de la chaîne alimentaire aquatique, leur diminution entraîne des conséquences considérables pour l'écologie marine. Les petits poissons se nourrissent de phytoplancton : lorsque cette source de nourriture se raréfie, leurs populations déclinent, ce qui prive ensuite de nourriture les grands prédateurs situés plus haut dans la chaîne alimentaire.
Le substrat rocheux sous-jacent d'un bassin versant peut soit perpétuer, soit atténuer ce cycle destructeur. Les roches calcaires et la calcite possèdent une forte alcalinité et peuvent neutraliser l'acidité de l'eau. En revanche, les substrats composés de granit ou d'autres matériaux non alcalins sont incapables de contrer les effets des pluies acides.
Les régions les plus touchées
Les pluies acides n'affectent pas toutes les régions de la même manière. Une étude de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a révélé que certaines zones étaient particulièrement vulnérables aux dommages écologiques qu'elles provoquent. Les montagnes Catskill et Adirondack, dans l'État de New York, comptent un nombre de lacs empoisonnés supérieur à la moyenne, tout comme les hautes terres du centre des Appalaches, le long de la côte Est.
Dans le Nord-Est américain, où le socle rocheux offre peu d'alcalinité, certains lacs affichaient un pH inférieur à 5. Avec un pH de 4,2, l'étang Echo, situé à Franklin dans l'État de New York, figure parmi les plans d'eau les plus acides d'Amérique, selon l'EPA. Le problème touche également l'Ontario, au Canada, où des précipitations chargées d'émissions industrielles américaines sont transportées par le courant-jet. La province comptait alors plus de 100 lacs acidifiés dépourvus de poissons, selon le Ramapo College. Environnement Canada estime qu'environ la moitié des dépôts d'acide sulfurique dans l'est du pays proviennent des États-Unis.
Limiter les pluies acides
Face à ce fléau, les gouvernements ont mis en place des programmes de réduction. Le programme « Acid Rain Program » de l'EPA a imposé des plafonds d'émissions aux centrales électriques au charbon de la côte Est et du Midwest, assortis d'une pénalité de 2 000 dollars par tonne d'acide sulfurique ou nitrique rejetée au-delà du maximum annuel autorisé.
Certains États ont également lancé leurs propres initiatives : le New Hampshire a adopté une loi en 2002 obligeant ses centrales électriques à réduire leurs émissions d'acide sulfurique de 70 % par rapport aux niveaux de 1999. La coopération régionale s'est aussi organisée : la Conférence des gouverneurs de Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada a développé des campagnes de sensibilisation du public sur les causes des pluies acides et élaboré un plan visant à réduire les émissions de soufre des centrales électriques d'au moins 80 % par rapport aux seuils autorisés par le Clean Air Act américain.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/outdoor-growing/1007111006.html
