Le pH de l'eau d'un étang ou d'un lac fluctue quotidiennement, devenant plus alcalin ou plus acide selon l'intensité de la photosynthèse : celle-ci atteint son maximum durant la journée et s'arrête la nuit. L'ampleur de ces variations dépend principalement de la dureté de l'eau, c'est-à-dire de sa teneur en minéraux dissous. Le pH peut aussi évoluer plus lentement sous l'effet d'autres facteurs environnementaux. Or, une acidité accrue rend le phosphore — un nutriment indispensable à la photosynthèse — moins disponible pour les plantes aquatiques.
À propos des plantes aquatiques
Toutes les plantes aquatiques, qu'il s'agisse d'algues, de phytoplancton ou de plantes flottantes, absorbent les nutriments directement à travers leurs parois cellulaires, depuis l'eau environnante. Les espèces enracinées puisent également des éléments nutritifs dans le substrat grâce à leurs racines. Comme toutes les plantes vertes, elles fabriquent leurs propres glucides et protéines en exploitant l'énergie solaire lors de la photosynthèse.
L'oxygène libéré au cours de ce processus contribue significativement à l'oxygénation de l'eau, ce qui profite directement aux poissons et aux autres organismes aquatiques. C'est pourquoi l'équilibre chimique d'un plan d'eau joue un rôle central dans la santé globale de tout son écosystème.
Photosynthèse et variations du pH
Pendant la journée, alors que la photosynthèse bat son plein, les plantes absorbent le dioxyde de carbone (CO₂) et rejettent de l'oxygène. La nuit, en revanche, c'est la respiration qui domine : les plantes consomment de l'oxygène et libèrent du CO₂. Ce gaz se comporte comme un acide dans l'eau et abaisse temporairement le pH. Au lever du jour, la reprise de la photosynthèse consomme à nouveau le CO₂ et l'eau redevient moins acide.
L'amplitude de ces variations dépend de la quantité de carbonate de calcium et de carbonate de magnésium dissous dans l'eau. Ces minéraux se combinent au dioxyde de carbone et limitent l'augmentation de l'acidité : ils agissent comme un tampon naturel. C'est pourquoi la calcite (carbonate de calcium) ou la chaux dolomitique (carbonate de calcium et de magnésium) sont fréquemment utilisées pour stabiliser le pH des étangs.
Le rôle essentiel du phosphore
Contrairement aux plantes terrestres, souvent limitées par la disponibilité de l'azote, les plantes aquatiques voient leur croissance freinée avant tout par le manque de phosphore. Cet élément est indispensable à la photosynthèse : il intervient dans la formation des sucres, de l'amidon et des huiles. À l'inverse, un excès de phosphore issu du ruissellement des engrais agricoles peut déclencher des proliférations massives d'algues, appelées blooms, dans les étangs et les lacs.
Le phosphore devient nettement moins assimilable lorsque le pH de l'eau descend en dessous de 6. Relever l'alcalinité en ajoutant de la chaux permet donc de libérer davantage de phosphore, favorisant ainsi la croissance des plantes et l'efficacité de la photosynthèse.
Chaulage et fertilisation : les bonnes pratiques
Il est possible d'enrichir l'eau en phosphore grâce à un engrais riche en cet élément, mais tant que le pH reste bas, il ne sera que partiellement disponible pour les végétaux. La solution consiste à appliquer d'abord de la chaux dolomitique, facilement trouvable en jardinerie, afin d'apporter simultanément du calcium et du magnésium. Ces deux minéraux sont eux-mêmes essentiels à la photosynthèse.
Une fois dissous, ils tamponnent le pH de l'eau en absorbant l'excès quotidien de dioxyde de carbone, ce qui limite les variations brutales. Comptez environ une fois et demie la dose utilisée habituellement sur le sol environnant ; inutile de craindre un surdosage, car la chaux cesse de se dissoudre au-delà d'un pH de 8,3. Un suivi régulier du pH à l'aide de kits de test permettra d'ajuster les apports et de maintenir un milieu stable, propice à une photosynthèse optimale.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/outdoor-growing/1007110775.html
