Demandez à n'importe quel jardinier bio ce qu'il pense du fumier de vache, et il vous en fera l'éloge sans hésiter. Il est vrai que les fumiers animaux sont riches en matière organique et en nutriments essentiels qui améliorent la structure du sol et renforcent la santé des plantes. Cependant, une utilisation appropriée est indispensable pour éviter d'introduire des parasites et des agents pathogènes indésirables dans votre potager. Les avantages et les précautions liés à l'emploi du fumier de vache comme engrais sont particulièrement importants lorsqu'on cultive des tomates (Lycopersicum esculentum) au jardin.
Où se procurer du fumier de vache
Le fumier de vache vendu en sac ou en vrac dans les jardineries réputées et les centres de compostage provient de grands tas de compost qui montent en température, éliminant ainsi la plupart des insectes, des pathogènes et des graines de mauvaises herbes. Ce compost, ainsi que les produits biologiques contenant du fumier de vache composté, sont prêts à l'emploi.
Le fumier frais, quant à lui, s'obtient directement auprès des élevages laitiers et des fermes d'élevage bovin. Parfois, il est rassemblé en un seul grand tas, ce qui facilite la collecte. D'autres fois, il faut parcourir le pâturage et ramasser les déjections une par une — un travail plus fastidieux, mais qui récompense les jardiniers patients.
Un sol sain pour de belles tomates
Le fumier de vache composté libère ses nutriments lentement tout au long de la saison, offrant une alimentation relativement régulière aux plantes. Toutefois, il n'est pas toujours riche en azote soluble : un apport complémentaire en cours de saison peut donc s'avérer nécessaire pour soutenir les tomates, gourmandes en azote, jusqu'aux premières gelées.
Le fumier de vache améliore également la structure du sol en favorisant à la fois le drainage et la rétention d'eau. Résultat : une humidité constante, essentielle à la croissance régulière des plants de tomates et à l'obtention de fruits charnus, sans craquelures. De plus, les micro-organismes bénéfiques présents dans le fumier décomposent la matière organique du sol, amplifiant ainsi ses effets bénéfiques sur sa fertilité.
Les risques du fumier frais
Le fumier frais contient souvent des graines de mauvaises herbes et des agents pathogènes. En outre, la concentration élevée de nutriments dans le fumier brut peut provoquer une surfertilisation, susceptible de brûler les racines des tomates, de freiner leur croissance et de réduire la production de fruits. Des plants affaiblis deviennent alors vulnérables à diverses maladies, comme la verticilliose et la fusariose, ainsi qu'à la rouille et à d'autres champignons.
Par ailleurs, le fumier de vache frais peut héberger des bactéries dangereuses pour l'homme, telles que Escherichia coli. Cette bactérie contamine les personnes lorsque de la terre infectée éclabousse les fruits et les légumes-feuilles lors d'arrosages ou de pluies. Un lavage insuffisant des mains après manipulation du fumier peut également entraîner une infection à E. coli.
Comment préparer le fumier avant utilisation
La solution la plus simple consiste à déposer le fumier de vache sur le tas de compost, où il apportera l'azote nécessaire au processus de décomposition. Maintenez le tas légèrement humide et retournez-le régulièrement afin d'élever sa température à 55 °C (131 °F) pendant 15 jours : cette chaleur élimine la plupart des pathogènes nocifs.
Si vous souhaitez incorporer le fumier directement dans le sol, étalez plusieurs centimètres de fumier mélangés à des feuilles déchiquetées sur le potager, puis enfouissez-les à la bêche ou à la motobineuse. Réalisez cette opération à la fin de l'automne ou en hiver, au moins trois mois avant la récolte des premiers légumes, afin de garantir une décomposition complète et sûre.
Attention aux résidus d'herbicides
Le fumier issu d'élevages peut parfois contenir des résidus d'herbicides provenant des graminées et des céréales fourragères consommées par les vaches, ce qui peut perturber la croissance de vos plantes. N'hésitez pas à demander à l'éleveur si son bétail consomme des plantes traitées aux herbicides.
Pour vérifier la qualité du fumier, réalisez un test simple : plantez quelques graines de haricots dans du terreau mélangé au compost de fumier, et constituez un groupe témoin avec du terreau seul. Veillez à ne pas placer les deux groupes dans le même bac d'arrosage. Entretenez les jeunes plants pendant environ trois semaines et observez leur évolution. Si les feuilles du groupe testé sont déformées et rabougries tandis que celles du groupe témoin prospèrent, cela peut indiquer la présence d'herbicides dans le fumier.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-tomatoes/1007025235.html
