Une plainte fréquente chez les jardiniers, en particulier ceux qui vivent en périphérie des villes ou à proximité de zones non aménagées, concerne les cerfs qui dévorent leurs précieuses plantes ornementales ou potagères. Là où humains et cerfs cohabitent, un conflit d'intérêts est inévitable : ce que nous considérons comme un aménagement paysager représente pour eux une source de nourriture.
Les oseilles, selon le genre, servent de couvre-sols, d'herbes aromatiques ou de vivaces décoratives. Bien que les cerfs n'apprécient pas particulièrement ces plantes, il leur arrive néanmoins d'en manger.
Les différents types d'oseille
Au moins deux genres botaniques portent le nom d'oseille. Oxalis appartient à la famille des oxalidacées (oseille en bois), tandis que Rumex fait partie de la famille des polygonacées (patiences). L'oseille commune (Rumex acetosa) et l'oseille française (Rumex scutatus), rustiques dans les zones de rusticité USDA 3 à 9, sont des herbes très appréciées pour leur saveur acidulée et légèrement citronnée.
Les oxalis, comme Oxalis acetosella (zones USDA 6 à 11) et Oxalis oregana (zones USDA 7 à 9), offrent des feuilles au goût similaire, ce qui en fait d'excellents substituts décoratifs dans les jardins d'ombre.
La pression alimentaire : le facteur décisif
La disponibilité de la nourriture constitue généralement le meilleur indicateur pour savoir si les cerfs s'attaqueront à certaines plantes du jardin. Lorsque la nourriture se fait rare, les cerfs iront là où elle se trouve, même si cela signifie envahir votre propriété.
Bien que l'oseille ne figure pas parmi leurs premiers choix, ils la consommeront si rien d'autre n'est disponible. Des tests menés à l'Université Rutgers montrent que si les espèces d'Oxalis sont effectivement broutées, elles sont rarement gravement endommagées. En revanche, les espèces de Rumex, déjà broutées par les cerfs à l'état sauvage, risquent davantage d'être ciblées une fois plantées au jardin.
Les préférences alimentaires des cerfs
Le régime alimentaire des cerfs varie selon l'espèce, la région géographique, la saison et la disponibilité de la nourriture. Renseignez-vous auprès de vos voisins pour découvrir quelles plantes les cerfs évitent localement : leur expérience est une mine d'informations précieuses.
Les jeunes plantes tendres sont préférées aux sujets plus âgés et bien établis, et les nouvelles pousses aux tiges anciennes et coriaces. Comme Oxalis et Rumex produisent une végétation douce et tendre, les deux genres peuvent attirer les cerfs à la recherche de feuilles faciles à mâcher et savoureuses. À noter également : les biches gestantes ont tendance à manger davantage, ce qui accroît la pression sur les jardins au printemps.
L'acide oxalique : pourquoi les cerfs y résistent
Rumex et Oxalis contiennent une substance chimique appelée acide oxalique, responsable du goût acidulé caractéristique de ces deux plantes. Chez l'humain ou certains animaux, une consommation excessive peut former des cristaux dans les reins et provoquer une gêne considérable.
Les cerfs, en revanche, semblent remarquablement immunisés contre les effets nocifs de cette substance. Certains scientifiques émettent plusieurs hypothèses pour expliquer cette résistance : la diversité de leur régime alimentaire, l'ingestion d'argile capable de lier les toxines, ou encore les bactéries présentes dans leur système digestif.
Comment protéger vos oseilles
Pour dissuader les cerfs de s'inviter dans votre jardin, plusieurs solutions s'offrent à vous : installer une clôture d'au moins deux mètres de haut, appliquer des répulsifs olfactifs ou gustatifs à renouveler après chaque pluie, planter des espèces réputées peu appétentes en périphérie du jardin, ou utiliser des dispositifs à détection de mouvement. La vigilance reste particulièrement importante au printemps, lorsque les besoins alimentaires des cerfs atteignent leur pic.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-herbs/1007023276.html
