Le coton est présent partout : dans les t-shirts, les cotons-tiges ou encore votre jean préféré. Pourtant, les pratiques de culture conventionnelle du coton sont aujourd'hui vivement critiquées, car elles épuisent les sols de leurs nutriments essentiels. Plusieurs facteurs contribuent à cet appauvrissement : l'usage massif de pesticides chimiques, le recours aux engrais synthétiques et la modification génétique des plantes.
Le ruissellement des pesticides
La culture conventionnelle du coton exige l'application de grandes quantités de pesticides chimiques pour garantir une récolte saine, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur le sol et l'environnement alentour. En 1995, des pesticides ont été épandus sur dix champs de coton en Alabama afin de combattre une grave infestation de vers du coton. De fortes pluies ont suivi, et le ruissellement a contaminé la rivière Big Nance Creek, provoquant la mort de 240 000 poissons sur un tronçon d'environ 26 kilomètres.
Les pesticides utilisés pour cultiver le coton persistent durablement dans le sol, où ils peuvent s'infiltrer jusqu'aux nappes phréatiques. Leur présence dégrade également la fertilité naturelle de la terre, rendant nécessaire l'apport d'engrais toujours plus puissants.
L'utilisation d'engrais synthétiques
La culture du coton prélève dans le sol de grandes quantités d'azote et de potassium. Même en pratiquant la rotation des cultures, des applications massives d'engrais restent indispensables pour maintenir une croissance végétale vigoureuse. Aux États-Unis, produire une livre de coton brut (environ 450 grammes) nécessite plus d'un quart de livre d'engrais synthétique, soit près de 115 grammes.
Les engrais azotés synthétiques sont particulièrement pointés du doigt comme étant les plus néfastes pour l'environnement, principalement en raison de leur impact sur les ressources en eau. Ces engrais émettent également du protoxyde d'azote, un gaz dont l'effet sur la couche d'ozone — et donc sur le réchauffement climatique — est bien plus important que celui du dioxyde de carbone.
Le coton génétiquement modifié détruit les enzymes du sol
Le coton génétiquement modifié a été développé pour protéger les cultures contre les ravageurs les plus courants. Certaines variétés intègrent ainsi le gène de la toxine Bacillus thuringiensis (Bt). Cette modification protège effectivement contre certains insectes et réduit le besoin en insecticides chimiques.
Cependant, une étude menée en Inde a révélé que le coton Bt cause des dommages considérables aux enzymes et aux microorganismes du sol : au moment de la récolte, la terre ayant accueilli la culture est pratiquement morte, privée de toute vie biologique.
Les effets sur les terres environnantes
Les problèmes liés au coton cultivé de manière conventionnelle ne se limitent pas au sol sur lequel il pousse. Les pesticides et engrais synthétiques pulvérisés sur les cultures peuvent se propager par voie aérienne vers les parcelles voisines. De même, le ruissellement provoqué par de fortes pluies diffuse ces substances chimiques dans le sol, aggravant encore les dégâts.
Même lorsque les producteurs de coton pratiquent la rotation des cultures, les pesticides et engrais ne restant pas confinés aux plantes elles-mêmes, ils peuvent contaminer les futures récoltes de coton, d'autres cultures alimentaires, voire des terres n'appartenant même pas au cultivateur.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-cotton/1007022481.html
