Le sapotillier (Manilkara zapota) produit un fruit délicieusement sucré ainsi que le chicle, la base traditionnelle des chewing-gums. Originaire d'Amérique centrale, cet arbre au feuillage persistant s'est parfaitement adapté au climat tropical. On le trouve aujourd'hui également en Asie et aux États-Unis, où il prospère notamment en Floride. Les sapotilliers développent une canopée épaisse et peuvent atteindre jusqu'à 40 mètres de hauteur.
Une adaptation remarquable au climat
Le sapotillier supporte aussi bien les climats humides que secs et fait preuve d'une excellente résistance à la sécheresse. S'il se plaît naturellement sous les tropiques, un sujet adulte peut brièvement tolérer des températures descendant jusqu'à environ -4 °C. Attention toutefois : le gel peut tuer les jeunes plants. À l'autre extrême, les fleurs et les fruits risquent d'être endommagés lorsque le thermomètre dépasse 41 °C, selon l'Université Purdue.
Cet arbre pousse dans une grande variété de microclimats qui varient avec l'altitude, du niveau de la mer jusqu'à plus de 2 700 mètres en Équateur. Il supporte en outre les embruns salés et peut survivre dans un sol gorgé d'eau.
Un sol peu exigeant
Le sapotillier prospère dans de nombreux types de sols : calcaire altéré, marne calcaire, sable, gravier latéritique, ou encore terres légèrement argileuses, profondes, meubles et riches en matière organique, précise l'Université Purdue. L'arbre a également évolué pour tolérer une forte salinité autour de ses racines.
Bien qu'un sol médiocre puisse convenir, un bon drainage reste essentiel. Si le sapotillier tolère relativement bien un terrain saturé d'eau, une humidité excessive peut freiner sa croissance et réduire sa production de fruits, selon l'IFAS Extension de l'Université de Floride.
Des fruits pensés pour la dispersion des graines
Produire des fruits appétissants pour la faune constitue l'une des stratégies du sapotillier pour disséminer ses graines. Parmi les animaux friands de ces fruits figurent les singes hurleurs et les dindons ocellés, selon les jardins botaniques du Belize.
Ces fruits bruns et ovales mesurent entre 5 et 10 cm de diamètre et renferment une chair jaune à brunâtre, indique l'association California Rare Fruit Growers. Leur saveur évoque la poire ou la cassonade, et ils mûrissent jusqu'à six mois après la floraison. Certaines variétés fructifient même presque toute l'année sous les tropiques.
Le chicle : une défense devenue trésor commercial
Le sapotillier sécrète une substance nommée chicle pour se protéger contre les attaques d'animaux ou d'insectes, rapporte un article de National Public Radio publié en juillet 2009. Selon le Dictionary of Food and Nutrition, le chicle est un latex partiellement déshydraté contenant des résines, des cires, des glucides, des tanins et une gomme élastique proche de la gutta-percha.
Ironie du sort : cette substance défensive peut finalement tuer l'arbre au lieu de le sauver, lorsqu'il subit des saignées excessives destinées à récolter le précieux latex.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/trees/1007114377.html
