Majestueux et élégants, les palmiers figurent parmi les plantes ornementales les plus appréciées dans les régions aux hivers doux. Leur croissance lente fait de chaque sujet mature un véritable investissement en temps et en soins. Or, lorsqu'un champignon pathogène s'installe, tout ce capital est menacé. La fusariose vasculaire, causée par le champignon Fusarium, attaque plusieurs espèces de palmiers et s'avère systématiquement fatale pour l'arbre infecté. En l'absence de tout traitement curatif, la prévention de sa propagation est donc essentielle.
Qu'est-ce que la fusariose ?
La fusariose est provoquée par différentes formes du champignon Fusarium oxysporum, qui se développe à l'intérieur du xylème du palmier. Le xylème est constitué de vaisseaux par lesquels circule l'eau dans le tronc, les tiges et les nervures des feuilles. En obstruant ces conduits, le champignon provoque le flétrissement, puis la mort progressive des tissus végétaux.
La maladie se transmet principalement par des outils de taille contaminés, le transfert de terre infestée provenant d'arbres malades, et possiblement par les graines issues d'arbres infectés. Aux États-Unis, la souche la plus répandue est Fusarium oxysporum f. sp. canariensis, détectée pour la première fois en Californie dans les années 1970. Elle a depuis été identifiée en Floride, en Australie, au Japon, en Italie, en Grèce et en France. Elle s'attaque avant tout au palmier dattier des Canaries, même si d'autres espèces y sont également sensibles.
Les espèces de palmiers concernées
Outre le palmier dattier des Canaries (Phoenix canariensis), Fusarium oxysporum f. sp. canariensis affecte aussi le vrai dattier, le dattier du Sénégal, le faux dattier sauvage et le palmier éventail californien. Une autre souche, Fusarium oxysporum f. sp. albedinis, responsable de la fameuse maladie du Bayoud, ne touche que le palmier dattier (Phoenix dactylifera) en Algérie et au Maroc. En Afrique centrale et en Amérique du Sud, les palmiers à huile du genre Elaeis succombent quant à eux à une forme spécifique : Fusarium oxysporum f. sp. elaeidis.
Symptômes de la maladie
Un palmier peut être porteur de la fusariose pendant plusieurs mois avant de manifester le moindre signe visible. Chez ces arbres, les feuilles sont rattachées directement à la couronne par un pétiole, tandis que les folioles, appelées pinnes, se fixent de part et d'autre du rachis pour former la fronde complète.
Le signe le plus caractéristique de l'infection est le flétrissement unilatéral : les pinnes d'un seul côté de la fronde se fanent et meurent, de la base vers le sommet. Une strie brun foncé apparaît alors sur le rachis du côté atteint. Les frondes les plus proches du tronc dépérissent généralement en premier. Lorsqu'on sectionne la tige touchée, les vaisseaux du xylème présentent une décoloration brunâtre typique.
Comment poser un diagnostic ?
D'autres maladies présentent des symptômes très proches, ce qui complique l'identification. Deux champignons distincts, Dothiorella et Gliocladium, peuvent en effet provoquer un flétrissement unilatéral accompagné d'une décoloration du xylème.
Pour confirmer la présence de la fusariose, il est indispensable de prélever des tissus sur le palmier malade afin de les mettre en culture en laboratoire. L'organisme isolé est ensuite identifié grâce à un diagnostic moléculaire. Si Fusarium oxysporum f. sp. canariensis est détecté, des mesures de contrôle strictes doivent être appliquées sans délai.
Traitement et mesures de prévention
Aucun traitement curatif n'existe : l'abattage et l'élimination de l'arbre infecté constituent la seule solution pour enrayer la propagation de la maladie. Déterrez un maximum de racines, puis incinérez l'arbre ou évacuez-le vers une décharge contrôlée.
Tout le matériel utilisé — scies, gants, pelles, engins lourds — doit être nettoyé et désinfecté immédiatement après usage. Il est conseillé de démonter les tronçonneuses pour les faire tremper soigneusement dans un produit désinfectant. Lors de l'entretien courant, taillez chaque espèce susceptible d'être hôte avec des outils désinfectés entre chaque arbre, et limitez autant que possible les interventions, notamment sur les palmiers des Canaries.
Ne replantez pas de palmiers sensibles à l'emplacement d'un arbre infecté retiré : les spores persistent longtemps dans le sol. Évitez également de réutiliser ou de transporter la terre contaminée, et ne faites pas germer les graines issues d'arbres malades en raison du risque de contamination.
Ces précautions peuvent paraître draconiennes, mais les palmiers représentent un patrimoine végétal précieux : le remplacement d'un grand palmier dattier des Canaries peut coûter plus de 10 000 dollars.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/trees/1007114257.html
