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Gel et agrumes : comprendre, prévenir et réagir face aux dégâts du froid

Les températures glaciales n'affectent pas tous les agrumes de la même manière : certains arbres tolèrent nettement mieux le froid avant de subir des dommages. Les kumquats et les mandarines figurent parmi les plus rustiques, tandis que les citronniers et les limettiers sont les plus sensibles au froid. Les orangers et les pamplemoussiers se situent à un niveau intermédiaire. Cultiver des agrumes dans des régions sujettes aux gelées représente donc un véritable défi : il faut maintenir les plantes en bonne santé avant l'hiver, puis évaluer la protection nécessaire. L'évaluation des dégâts prend plusieurs semaines, et les décisions concernant la taille ou la récupération de la récolte ajoutent encore à l'inquiétude des producteurs.

L'ampleur du froid

Une grande partie de l'anxiété des producteurs d'agrumes face aux gelées hivernales tourne autour de la température réelle de l'air entourant les arbres. Les prévisions météorologiques ne fournissent qu'une estimation approximative des minimales attendues. L'air froid descend et s'accumule dans les zones basses du terrain : les parties hautes de l'arbre peuvent ainsi échapper aux températures les plus rigoureuses, alors que les branches basses subissent les conditions les plus mortelles. De même, les branches supérieures et le feuillage protègent les bourgeons et les fruits situés à l'intérieur et vers le bas de l'arbre.
La durée du gel joue également un rôle déterminant dans l'ampleur des dégâts. Une température nocturne d'environ -4 °C qui persiste plusieurs heures provoque des dommages bien plus graves que si cette même température n'était atteinte que pendant 30 minutes avant un réchauffement.

La prévention

Planter les agrumes sur une pente orientée pour capter les rayons réchauffants du soleil matinal, ou dans un endroit abrité des vents froids et desséchants, contribue à atténuer l'impact du froid. Un bon choix d'emplacement peut suffire à éviter les dégâts, même lorsque les températures descendent brièvement autour de -2 °C.
Toutefois, protéger les agrumes exige des ressources considérables en temps, en main-d'œuvre et en argent. Faire fonctionner les systèmes d'irrigation, couvrir les arbres avec un voile d'hivernage, allumer des chauffages ou des lampes de réchauffement, voire faire voler un hélicoptère au-dessus des vergers pour brasser l'air : autant de méthodes possibles. Attention cependant, aucune de ces techniques ne garantit une protection totale contre les dégâts.

Les dégâts causés par le gel

La sève contenue dans les feuilles et les branches, tout comme les jus des fruits, ne gèle pas exactement à 0 °C : les impuretés abaissent le point de congélation de la solution liquide. Des expositions limitées à des températures comprises entre -3 °C et 0 °C peuvent n'entraîner aucun dégât ou seulement un léger dessèchement du feuillage. En revanche, dès que le thermomètre chute entre -9 °C et -4 °C, la destruction des tissus devient importante et l'arbre peut mourir, selon son espèce.
Les feuilles atteintes brunissent, se flétrissent ou tombent complètement de l'arbre. Les petites brindilles se dessèchent entièrement sous l'effet du gel, qui rompt les cellules de sève des tissus vasculaires. Quant aux fruits, ils peuvent rester attachés à l'arbre ou tomber prématurément.

Les conséquences après le gel

Les agrumes touchés par des températures négatives ne manifestent pas les dégâts immédiatement. Il faut parfois attendre plusieurs semaines pour connaître l'étendue réelle de la mortalité des tissus. Les fruits peuvent sembler intacts au premier abord, mais le gel provoque une accumulation d'eau sous l'écorce et la chair finit par pourrir, même si la peau extérieure paraît normale. Quelques semaines plus tard, le fruit ramollit et sa qualité intérieure devient spongieuse et sèche ; il n'est même plus utilisable pour récupérer le jus.
C'est pourquoi les producteurs d'agrumes choisissent souvent de récolter rapidement après une gelée. Plutôt que de risquer de perdre toute la récolte, ils cueillent les fruits gelés sans tarder pour les transformer en jus avant leur dégradation. Ce n'est qu'au milieu du printemps, avec l'apparition des nouvelles pousses feuillues, que vous saurez vraiment l'ampleur des dégâts. Il faudra alors tailler afin de supprimer toutes les branches mortes. Les branches vivantes produisent de nouvelles feuilles et des boutons floraux au printemps, et l'arbre devra régénérer suffisamment de rameaux pour offrir, l'année suivante, une floraison abondante garante d'une bonne production fruitière.


Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/outdoor-growing/1007110889.html
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