Le terme « sol stérile » recouvre en réalité deux notions bien distinctes. Il peut désigner un sol volontairement stérilisé pour répondre aux besoins spécifiques de l'horticulture ou de l'agriculture, ou au contraire une terre devenue incapable d'entretenir la vie végétale. Si le premier type de sol présente autant d'avantages que d'inconvénients pour la culture des plantes, le second exige une remédiation — naturelle ou guidée par l'homme — avant de pouvoir à nouveau accueillir une végétation.
Le sol stérilisé
Un sol stérile ou stérilisé (les deux termes s'emploient indifféremment) a subi un traitement chimique ou thermique destiné à empêcher les agents pathogènes de nuire aux plantes. La logique est simple : ces organismes nuisibles pouvant être présents dans la terre, on détruit l'ensemble des micro-organismes, ce qui stérilise efficacement le sol.
La stérilisation chimique repose sur la fumigation du sol à l'aide de produits adaptés. La stérilisation thermique, quant à elle, peut se faire en chauffant la terre au four ou au micro-ondes, ou encore par solarisation : on étend alors un film plastique transparent sur le sol durant l'été, afin que le soleil le soumette à une chaleur intense et aux rayons ultraviolets.
Les applications
Les semis et les jeunes plants sont particulièrement vulnérables à la fonte des semis (damping-off), une maladie tellurique qui tue la plantule naissante avant qu'elle n'ait pu développer ses propres défenses.
Les plantes d'intérieur et les plantes en pot évoluent dans des conditions où de nombreux pathogènes et insectes ravageurs ne rencontrent aucun prédateur naturel : s'ils sont déjà présents dans le substrat, ils prolifèrent sans entrave. Par ailleurs, une terre d'extérieur peut avoir été exposée à une maladie capable de persister dans le sol pendant des années. Dans tous ces cas, stériliser la terre avant toute plantation aide à réduire les problèmes de maladies et de ravageurs.
Les inconvénients
La stérilisation élimine non seulement les agents pathogènes, mais aussi les microbes prédateurs qui, en temps normal, maintiennent ces derniers sous contrôle. Elle modifie également la structure et la composition chimique du sol, et détruit les micro-organismes bénéfiques qui vivent en symbiose avec les plantes.
Au mieux, il s'agit donc d'une solution temporaire : les pathogènes voyagent par voie aérienne, via les insectes volants, ou encore sur la surface des humains et des animaux qui entrent et sortent de la zone cultivée.
Le sol devenu infertile
On parle aussi de sol stérile pour désigner une terre incapable de soutenir la vie végétale, ou très peu. Outre l'absence de microbes essentiels, ce type de sol est particulièrement pauvre en éléments nutritifs.
Des conditions climatiques extrêmes caractérisent généralement ces milieux : sécheresse quasi totale ou températures constamment négatives. Cependant, un sol peut également devenir stérile s'il est labouré à outrance, surfertilisé et saturé de pesticides. Dans un terrain ainsi surexploité, les nutriments chimiques apportés par les engrais ne suffisent plus que s'ils sont appliqués en permanence. Le travail excessif du sol produit donc un effet apparemment paradoxal : celui de l'épuiser.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049669.html
