L'érosion des sols est un phénomène naturel qu'il est impossible d'éliminer complètement, mais il est tout à fait possible de la contrôler et d'en limiter les effets. Grâce à des techniques simples et à des pratiques d'utilisation des terres adaptées, chacun peut contribuer à préserver cette ressource précieuse. Ces méthodes trouvent leur utilité aussi bien en agriculture que dans l'aménagement paysager. Leur mise en œuvre efficace repose avant tout sur une bonne compréhension de la topographie du terrain concerné.
Réduire l'érosion des sols en agriculture
La lutte contre l'érosion des sols en agriculture est devenue une préoccupation majeure après le Dust Bowl, ces tempêtes de poussière dévastatrices qui ont frappé les Grandes Plaines américaines dans les années 1930. Les techniques de conservation développées depuis s'appuient sur la topographie du terrain et sur des variations dans les méthodes de plantation.
La culture selon les courbes de niveau et en terrasses
La culture en courbes de niveau consiste à planter les rangées en suivant le relief naturel du terrain. Cette méthode réduit l'érosion car les barrières naturelles ainsi formées empêchent le sol d'être emporté par l'eau ou le vent. La culture en terrasses fonctionne sur un principe similaire : elle crée des couches de terres cultivables presque planes le long des pentes, ce qui ralentit considérablement le ruissellement.
Maintenir une couverture végétale permanente
Garder une végétation permanente sur le sol limite l'érosion en permettant aux systèmes racinaires de rester en place et de stabiliser la terre. Semer des cultures de couverture comme le seigle d'hiver ou la fétuque maintient le sol en place entre deux cultures principales. De même, laisser les résidus de récolte, tels que les tiges de maïs ou de soja, après la moisson offre au sol des barrières naturelles auxquelles il peut se raccrocher.
Lutter contre l'érosion éolienne
Planter perpendiculairement aux vents dominants permet de contrôler l'érosion causée par le vent. La culture en bandes alternées et la rotation des terres au repos préviennent également l'érosion en évitant un labour constant. Enfin, l'agriculture sans labour (no-till) réduit l'impact sur la couche arable et permet au sol de rester compacté et stable.
Techniques pour l'aménagement paysager
Dans le domaine paysager, créer des barrières naturelles contre l'eau et le vent constitue la base du contrôle de l'érosion. Voici les principales méthodes à appliquer :
- Paillage : étendre du paillis sur la couche arable pour retenir l'humidité et maintenir le sol en place.
- Couvre-sol temporaire : semer des graminées annuelles à croissance rapide, comme la fétuque ou le seigle.
- Végétation sur les pentes : planter des buissons et des arbres, tels que le saule, le long des collines pour empêcher l'eau d'emporter la terre.
- Barrières physiques : installer des clôtures d'hiver ou des murs en pierre ou en brique perpendiculairement aux vents dominants ou aux trajets de l'eau.
- Gestion des cours d'eau : aménager des canaux peu profonds en forme de soucoupe, associés à de la végétation, pour maîtriser le ruissellement.
Créer des allées et des voies d'accès dédiées réduit également l'impact du piétinement sur le sol. Par ailleurs, limiter les perturbations du sol dans les zones de construction ou lors de projets d'aménagement permet de préserver intactes la majorité des surfaces environnantes.
Installer des brise-vent
Planter des groupes denses d'arbres à croissance rapide, tels que le cyprès de Leyland, l'oranger des Osages ou d'autres conifères persistants, crée une barrière contre le vent qui stoppe sa force et son action sur le sol. Les graminées vivaces hautes ou les tournesols constituent également d'excellents brise-vent naturels.
Pour une efficacité maximale, placez les brise-vent le long des côtés nord et ouest de votre propriété ou de votre champ. Cet emplacement les rend perpendiculaires à la direction des vents dominants, offrant ainsi une protection optimale.
Contrôler le ruissellement
Le ruissellement résulte de l'écoulement non freiné de l'eau de pluie sur un sol non protégé. Lorsque la pluie frappe directement le sol nu, elle l'emporte par la force de son impact. Des tranchées et des barrières artificielles permettent de canaliser les eaux pluviales afin qu'elles touchent le moins de sol possible. Les murs de soutènement et la culture en courbes de niveau réduisent également le ruissellement lié aux précipitations.
Digues et noues : deux techniques éprouvées
Les ouvrages de dérivation sont utilisés pour contenir un ruissellement chargé en sédiments. Deux techniques sont particulièrement répandues :
- Les digues : des buttes de terre pouvant atteindre 90 cm (3 pieds) de haut sur 90 cm de large.
- Les noues : des monticules plus modestes, d'environ 30 cm (1 pied) de haut sur 1,80 m (6 pieds) de large maximum, aux flancs inclinés.
Ces structures combinent généralement des nattes de fixation et un couvre-sol végétal tel que l'herbe pour renforcer leur stabilité.
Solutions temporaires sur les chantiers
L'utilisation de végétation comme couverture du sol pendant les travaux de construction représente une autre technique efficace. Lorsque c'est nécessaire, des barrières physiques telles que des bottes de paille, des clôtures d'hiver ou des sacs de sable peuvent être mises en place. Ces protections sont particulièrement utiles lorsque la couverture végétale naturelle n'est pas encore établie ou ne s'installe pas assez rapidement pour protéger efficacement le sol.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049489.html
