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Toitures de maisons des années 1950 : styles et innovations emblématiques

Les années 1950 ont vu naître des conceptions de toitures aussi distinctives que celles observées dans les autres domaines de la mode. Voitures, vêtements et appareils électroménagers exprimaient alors le modernisme « mid-century », et les toitures s'inscrivaient pleinement dans cette esthétique d'après-guerre axée sur l'économie. La maison en A, apparue avant le conflit mondial, connaît son heure de gloire durant cette décennie, tandis que l'essor des fermes de toit produites en série transforme durablement les techniques de construction.

La maison en A

Chad Everett Randall, dans les colonnes de l'Old House Journal, affirmait que la maison en A était « la bonne forme au bon moment », dans le contexte du boom de l'après-Seconde Guerre mondiale. Le besoin soudain de deux fois plus de tout — des téléviseurs aux logements — a assuré à ce modèle une popularité bien supérieure à son usage d'avant-guerre comme habitation économique. Cet engouement des années 1950 a fait de la construction en triangle équilatéral (deux pans formant le toit, le troisième servant de plancher) un choix privilégié pour les résidences secondaires dans les régions touristiques, et ce pendant une vingtaine d'années.

Cependant, la flambée des prix de l'immobilier rendait peu judicieux d'édifier des habitations bon marché sur des terrains devenus précieux, et ces constructions étaient particulièrement difficiles à isoler. Lorsque les prix de l'énergie ont grimpé en flèche dans les années 1970, la demande pour les maisons en A et leurs toitures si caractéristiques s'est effondrée.

Le style ranch et le traditionnel minimal

Le style ranch pittoresque (storybook ranch) a connu son apogée entre 1948 et 1957, avec ses toits à pignons et à faible pente. Le modèle ranch à niveaux décalés (split-level) gagnait également en popularité et influençait lui aussi la silhouette des toitures. Le garage accolé à la maison, à l'avant ou sur le côté, créait un profil large et souvent très allongé devant être couvert.

Ces réalisations remplaçaient le style traditionnel minimal, né principalement pour répondre à la pénurie de logements d'après-guerre, et qui se caractérisait par des toits à pente faible ou moyenne, dotés de débords de toit très rapprochés, voire inexistants.

Le toit papillon

Le toit papillon s'accordait parfaitement avec la fascination des années 1950 pour les designs inspirés des papillons et des ailes d'oiseaux, dans le sillage des innovations de l'industrie automobile. Bien que peu répandu, ce type de toiture se composait de deux versants inclinés l'un vers l'autre et se rejoignant au centre, libérant ainsi de l'espace pour des fenêtres hautes sur les côtés et aux extrémités du bâtiment. Résolument tourné vers l'avenir, il offrait davantage de lumière naturelle et constituait en outre un moyen astucieux de récupérer l'eau de pluie.

L'arrivée des fermes de toit préfabriquées

Les fermes de toit préfabriquées font leur apparition à la fin des années 1950 et révolutionnent la conception des charpentes. Réalisées en bois avec des connecteurs métalliques à dents, elles permettaient d'importantes économies de main-d'œuvre tout en étant légères et faciles à monter. Fabriquées sur mesure, elles mettaient la construction d'une toiture, tâche autrefois complexe, à la portée du simple auto-constructeur.

Cette innovation présentait toutefois un revers : les fermes préfabriquées ne laissaient guère de liberté architecturale et n'offraient qu'une gamme limitée de pentes de toit possibles.

Héritières du modernisme d'après-guerre et des contraintes économiques de l'époque, les toitures des années 1950 témoignent d'une période où créativité architecturale et production industrielle se sont rencontrées, laissant un patrimoine bâti toujours reconnaissable aujourd'hui.


Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/architecture/1007000116.html
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