L'aéroponie est une variante de l'hydroponie. Dans un système aéroponique, les plantes sont cultivées avec leurs racines suspendues dans un contenant sombre et fermé. Contrairement à l'hydroponie classique, il n'y a ni gravier ni substrat de soutien : les racines sont ainsi exposées en permanence à une forte teneur en oxygène.
Les systèmes aéroponiques ne fonctionnent pas par arrosage au sens habituel du jardinage. Les racines sont plutôt vaporisées ou brumisées avec une solution nutritive et maintenues dans une atmosphère dont l'humidité avoisine constamment les 100 %. Les intervalles de pulvérisation varient selon le système utilisé et la culture pratiquée. Résultat : un développement racinaire optimal qui favorise une absorption élevée de l'eau et des nutriments.
Histoire
C'est la NASA qui a fait connaître l'aéroponie dans les années 1960, lorsqu'elle a commencé à étudier des méthodes de production alimentaire sans sol, utilisables dans les conditions de faible gravité rencontrées lors des voyages spatiaux. L'agence spatiale américaine poursuit ses recherches sur cette technique, notamment à bord de la station spatiale Mir. Depuis, de nombreux systèmes aéroponiques commerciaux ont été développés pour la recherche, l'industrie et un usage domestique.
Systèmes de distribution des nutriments
Les premiers systèmes aéroponiques utilisaient des buses orientées vers les zones de croissance racinaire dans la chambre de culture. Depuis, différentes technologies de distribution ont vu le jour :
- Système israélien : l'eau est pompée vers le haut de la chambre, où la force centrifuge crée une pulvérisation de fines gouttelettes.
- Système à plaque incurvée : une pompe projette l'eau contre une plaque courbée située au sommet de la chambre, qui renvoie l'eau vers la zone racinaire sous forme de fines gouttelettes.
- Système commercial australien : des jets de brumisation délivrent 10 litres de solution nutritive par heure.
- Aero-Gro (Australie) : ce système utilise la technologie ultrasonique pour fragmenter l'eau en une brume de gouttelettes très fines, créant un véritable nébuliseur.
- Systèmes artisanaux : ils reposent souvent sur des brumisateurs simples.
Certains systèmes intègrent également une couche de fluide au fond de la chambre, dans laquelle les racines peuvent s'enfoncer une fois qu'elles ont atteint une longueur suffisante.
Intervalles de pulvérisation
Douglas Peckenpaugh, dans « Hydroponic Solutions : Vol. 1 », explique que plusieurs variables influencent la fréquence de vaporisation ou de brumisation des racines : la température, le type de système aéroponique utilisé, la capacité de la pompe et la taille du système racinaire. Pour les climats chauds, il recommande un cycle de pulvérisation de 15 secondes toutes les trois à cinq minutes, en vérifiant régulièrement que les racines ne se dessèchent pas.
« The Big Book of Self-Reliant Living » (2e édition) conseille quant à lui de laisser fonctionner les buses de brumisation basse pression en continu, ou de les programmer selon un cycle de 20 secondes de marche pour 40 secondes d'arrêt. En pratique, il faut procéder à des essais afin de déterminer l'intervalle idéal pour votre système spécifique et la culture choisie.
Avantages
Les plantes peuvent être cultivées toute l'année sur un espace réduit, avec jusqu'à six cycles de récolte par an pour une culture comme la tomate. Le développement racinaire est excellent grâce à la forte disponibilité en oxygène et à l'humidité relative élevée. Selon la NASA, la consommation d'eau est réduite de 98 %, celle d'engrais de 60 % et l'utilisation de pesticides de 100 %.
Inconvénients
En l'absence de sol ou de substrat, les racines ne disposent d'aucun tampon contre le manque d'humidité : il est donc crucial de choisir un intervalle de pulvérisation qui maintienne les racines humides. Cependant, une pulvérisation constante va à l'encontre de l'objectif d'économie d'eau et favorise le développement des champignons. Walter Szykitka, dans « The Big Book of Self-Reliant Living », mentionne l'ajout d'un fongicide à la solution nutritive pour prévenir la prolifération des pathogènes fongiques racinaires.
Les buses de pulvérisation et de brumisation peuvent également se boucher et doivent être contrôlées régulièrement. Enfin, l'installation d'un système aéroponique peut être coûteuse et son entretien demande du temps.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/indoor-growing/1007026155.html
