De nombreux champignons s'attaquent aux sarments, aux feuilles et aux fruits de la vigne. Tous représentent des menaces sérieuses pour la récolte et exigent une vigilance accrue dès l'apparition des premiers symptômes. Les maladies fongiques se propagent très rapidement dans le vignoble, particulièrement au printemps, lorsque les conditions sont chaudes et humides et que les jeunes pousses, encore tendres, sont particulièrement vulnérables.
Le black-rot
Le black-rot est causé par un champignon nommé Guignardia bidwellii, auquel toutes les variétés de raisin sont sensibles. On observe d'abord des taches brunes sur les feuilles, puis, quelques jours plus tard, de minuscules points noirs légèrement surélevés. Il s'agit des fructifications du champignon, qui se nourrissent des tissus végétaux avant de se disséminer facilement par le vent ou la pluie vers d'autres parties de la plante.
L'humidité constitue le principal facteur de propagation : les vignes cultivées en zones arides sont rarement touchées. Les grappes infectées se ratatinent et noircissent à mesure que le champignon se nourrit des baies, pouvant détruire entièrement la récolte si rien n'est fait.
Le mildiou
Le mildiou est provoqué par l'organisme Plasmopara viticola. Ce champignon attaque la face inférieure des feuilles de vigne, leur donnant un aspect huileux caractéristique. Les feuilles jaunissent ensuite, se dessèchent et tombent prématurément. Les fruits et les jeunes pousses recouverts du champignon finissent par dépérir.
Des conditions humides associées à des nuits fraîches créent un terrain idéal pour une propagation fulgurante à travers tout le cep : défoliation, mort des rameaux et destruction des grappes peuvent suivre en peu de temps.
L'oïdium
L'oïdium a été responsable de la perte de milliers de vignobles en Europe au XIXe siècle. Il se manifeste sous la forme d'un léger feutrage poudreux blanchâtre à la surface des feuilles vertes. Les baies prennent elles aussi un aspect poudreux, puis se fissurent ou se dessèchent. Les sarments présentent quant à eux des plages noires ou brunes.
Vu de près, le champignon apparaît comme de minuscules corps ronds noirs qui se détachent des tissus végétaux et survivent à l'hiver dans l'écorce de la vigne, prêts à réinfecter la plante au printemps suivant.
La pourriture grise (botrytis)
Botrytis cinerea est une moisissure grise qui s'attaque aux raisins, mais aussi aux fraises, à la rhubarbe et à de nombreux bulbes. Sur la vigne, ce sont d'abord les fleurs qui sont contaminées ; puis, à mesure que les raisins mûrissent, le champignon se développe dans les sucres du fruit, faisant progressivement flétrir et noircir la grappe entière.
Fait intéressant : en Europe, les viticulteurs appellent cette maladie « pourriture noble ». Dans certaines conditions climatiques précises, elle concentre en effet les sucres et les arômes des baies, ce qui permet d'élaborer des grands vins liquoreux comme les Sauternes ou les Tokays.
L'eutypiose
L'eutypiose survient lorsque le champignon Eutypa lata se nourrit des jeunes pousses de vignes âgées de 8 à 10 ans. Celles-ci brunissent, tandis que les feuilles et les rameaux se recroquevillent en forme de coupe, donnant au cep un aspect rabougri.
Le champignon persiste durablement dans le bois de la plante et profite des plaies de taille pour s'y introduire : chaque coupe pratiquée sur un bois infecté ouvre la voie à une nouvelle contamination. Une taille soignée et réalisée par temps sec limite donc considérablement les risques.
La phomopsis (excoriose)
Phomopsis viticola est un champignon qui affecte généralement la vigne au printemps et se propage principalement par les éclaboussures de pluie. Ses organes de conservation, les pycnides, hivernent dans l'écorce des ceps, puis reprennent leur développement après environ dix heures d'humectation continue et à 96 % d'humidité relative.
Des taches et des lésions noires apparaissent alors sur les feuilles et les jeunes rameaux. Particularité de cette maladie : les taches ne grossissent pas avec le temps, mais leur nombre ne cesse d'augmenter, affaiblissant progressivement la plante.
Prévenir plutôt que guérir
Face à ces six maladies fongiques majeures, la prévention reste la meilleure arme du viticulteur : surveillance régulière du vignoble, aération des ceps par une taille adaptée, traitement préventif au printemps et élimination des bois infectés permettent de limiter efficacement la pression des champignons et de protéger la qualité de la vendange.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-grapes/1007023225.html
