Les étés torrides et humides du sud des États-Unis tournent fréquemment au désastre pour la lysimaque nummulaire (Lysimachia nummularia), ce charmant couvre-sol au feuillage rampant. Le talon d'Achille de cette vivace de la famille des primevères ? Une maladie fongique endémique des sols du Sud. Les champignons responsables prospèrent dès que les températures dépassent 29 °C (85 °F). La pourriture du Sud décime par ailleurs une multitude de vivaces ornementales très répandues : hostas, iris, delphiniums et chrysanthèmes figurent parmi ses victimes régulières.
La lysimaque nummulaire, une plante robuste mais vulnérable
Originaire d'Europe et du sud-ouest de l'Asie, la lysimaque nummulaire a été introduite aux États-Unis au XIXe siècle. Elle prospère aujourd'hui le long des étangs et des cours d'eau, ainsi que dans les sols humides des forêts de l'Est du pays. Haute de 5 à 10 cm, elle associe de modestes fleurs jaune vif à des feuilles rondes vertes d'environ 2 cm de diamètre. Ses nœuds racinaires ancrent ses tiges fines au sol et lui permettent de s'étendre jusqu'à 30 cm par mois par temps chaud.
Paradoxalement, cette plante redoutablement vigoureuse supporte des hivers rigoureux : elle survit à des températures de −40 °C dans la zone 3 de rusticité du USDA. Sa faiblesse ne réside donc pas dans le froid, mais bien dans la chaleur combinée à l'humidité estivale.
Les champignons responsables de la pourriture du Sud
Les espèces fongiques telluriques en cause sont principalement Sclerotium rolfsii, Sclerotium delphinii et Pellicularia rolfsii. L'eau de ruissellement, les outils contaminés ou encore la plantation de sujets déjà infectés disséminent ces organismes dans tout le jardin.
Ces champignons restent cependant dormants tant que les conditions ne leur conviennent pas : il faut plusieurs jours consécutifs de forte chaleur accompagnés de pluies épisodiques pour déclencher leur activité.
Symptômes à surveiller
Une attaque de pourriture du Sud se manifeste d'abord par un jaunissement du feuillage, suivi d'un flétrissement partiel voire total et d'une pourriture des tiges à leur base, au niveau du sol.
Le signe le plus caractéristique : de fins fils blancs — le mycélium — se déploient à la base des tiges ainsi que sur le paillis ou la terre environnante. Autour de ce feutrage apparaissent de petites structures blanches évoquant des graines, qui virent progressivement au brun clair. Ce sont les sclérotes, des masses mycéliennes durcies en état de dormance, prêtes à réactiver l'infection dès le retour d'un temps chaud et humide. En cas d'infestation sévère, ils forment des croûtes compactes visibles à l'œil nu.
Bonne nouvelle malgré tout : même si la maladie peut détruire la totalité des parties aériennes, elle atteint rarement les racines. La lysimaque nummulaire et les autres vivaces touchées repoussent donc généralement l'année suivante.
Lutte et prévention
Élimination mécanique : arrachez et détruisez les plantes atteintes, puis remplacez les 20 premiers centimètres de terre infestée afin d'éliminer les sclérotes producteurs de mycélium. Un décapage sur un rayon de 15 cm autour des plants suffit.
Amélioration du sol : apportez simultanément de la matière organique et des amendements drainants pour décourager durablement les champignons.
Solarisation : sur les emplacements recevant au moins deux heures d'ensoleillement quotidien durant les mois les plus chauds, une bâche de plastique noir posée sur le sol détruit efficacement les sclérots par effet thermique.
Hygiène culturale : désinfectez vos outils de jardinage dans une solution d'eau de Javel diluée à 10 % (1 volume pour 9 volumes d'eau) immédiatement après usage, et inspectez minutieusement toute nouvelle plante avant de l'introduire au jardin.
Traitement chimique : en dernier recours, les fongicides à base de thiophanate-méthyle ou de mancozèbe offrent un contrôle efficace, bien que non biologique.
Avec une surveillance attentive et quelques gestes préventifs simples, il est tout à fait possible de profiter de la beauté tapissante de la lysimaque nummulaire, même dans les régions les plus chaudes et humides.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/groundcovers-vines/1007101012.html
