La majolique, cette terre cuite émaillée aux couleurs éclatantes, s'est d'abord ornée de décors prisés à la Renaissance : lions, bêtes mythologiques et béliers, mais aussi fruits, légumes, feuillages, oiseaux et coquillages. Les motifs exotiques venus d'Asie — bambous, éléphants, singes — n'ont pas tardé à faire leur apparition. De 1849 à 1900, cette céramique lumineuse a conquis l'Angleterre victorienne : le grand public en garnissait salons et buffets. Aujourd'hui, l'engouement des collectionneurs a fait grimper les prix des pièces d'origine, et la majolique est redevenue une valeur sûre de la décoration.
Bon à savoir : en France, ces céramiques victoriennes sont souvent désignées sous le nom de « barbotine ». Ce synonyme peut s'avérer précieux lors de vos recherches en brocante ou sur les sites de vente en ligne.
La fabrication de la majolique
La majolique a été conçue pour être produite à coût relativement modéré, tout en restant charmante et ludique. Le processus est simple mais exigeant : l'argile est façonnée en masse pleine dans un moule, puis cuite au stade du biscuit. La pièce est ensuite recouverte d'un vernis à base d'étain ou de plomb, peinte à la main avec des oxydes métalliques colorés, avant une seconde cuisson qui fixe définitivement l'émail.
Résultat : des pichets, services à thé, jardinières, figures animalières, plats, grands plateaux ou urnes à l'émail brillant, opaque et coloré. Comme la production reposait sur des moules industriels, les pièces sortaient généralement identiques les unes des autres ; mais comme les émaux étaient appliqués à la main, avec des degrés de savoir-faire variables, chaque exemplaire présente de subtiles différences.
L'attrait de la fantaisie
Première qualité de la majolique : ses couleurs ne se fanent pas. Avec le temps, l'émail peut toutefois présenter de fines craquelures superficielles, sans aucune gravité. Un plateau de fruits de mer figurant des poissons minutieusement détaillés posés sur un lit d'algues, disposés en éventail autour d'une coupelle centrale, est aussi captivant aujourd'hui qu'il l'était au XIXe siècle.
Les pichets imitant des tiges de bambou, des épis de maïs, des tournesols ou des bouquets de feuilles et de fleurs illuminaient les tables du petit-déjeuner et du déjeuner. Les motifs végétaux formaient à eux seuls une catégorie entière : les assiettes en forme de feuille de bégonia se sont arrachées dès leur mise en vente. Chaque acquisition devenait un sujet de conversation, et cet esprit fantaisiste déclenchait chez les Victorians une véritable frénésie de collection.
Les signes d'authenticité
La majolique est une terre cuite, plus tendre et plus fragile que la porcelaine. Les pièces d'origine étaient moulées pleines, sans anses creuses : les décors et les figures font partie intégrante du moule, ils ne sont jamais rapportés après cuisson. Les émaux, à base de plomb ou d'étain, sont riches, gais et profonds, et chaque manufacture respectait sa propre palette de teintes. Porte-parapluies, chandeliers, plateaux de service ou porte-tabac en forme de cochon de ferme : tout affiche un caractère léger et humoristique.
Côté finitions, les dessous peuvent être émaillés par trempage, mais nombre de pièces anciennes présentent un fond, des pieds ou un filet de pose non émaillés — un indice d'ancienneté précieux. Avant tout achat, examinez la pièce sous tous les angles, pesez-la, inspectez l'intérieur des anses et demandez des photos détaillées du dessous si vous achetez en ligne.
Les marques de fabricants à rechercher
Parmi les manufactures britanniques les plus recherchées :
- Minton
- Wedgwood
- Joseph Holdcroft
- George Jones
- Royal Worcester Porcelain
Côté américain, retenez notamment :
- Griffin, Smith & Hill (marques « GSH » ou « Etruscan »)
- Chesapeake Pottery
Détecter les contrefaçons
Aujourd'hui, une poterie de style majolique est fabriquée à bas prix en Asie, dans des couleurs et des formes qui pastichent les modèles classiques. Nul mal à craquer pour un vase amusant et coloré à prix doux — à condition de ne pas vous y tromper : il ne s'agit pas d'une antiquité, et son prix doit le refléter.
Les signes révélateurs d'une reproduction contemporaine :
- Des formes moins finement détaillées que celles des pièces anciennes ;
- Des couleurs criardes : les originales sont lustrées et profondes, jamais voyantes ni métalliques ;
- L'absence de marque de fabrique — indice à manier avec prudence, car toutes les majoliques anciennes ne sont pas signées ;
- Une peinture bâclée, avec coulures et lignes floues.
Dernier conseil : une majolique moderne et abordable peut parfaitement apporter une touche vive et joyeuse à votre intérieur. Veillez simplement à payer un prix cohérent avec une pièce neuve, non vintage — et réservez vos ambitions d'investisseur aux pièces marquées, datées et bien documentées.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/vases/1007133885.html
