Que vous restauriez une maison coloniale d'origine ou que vous peigniez une nouvelle habitation dans le style colonial, connaître les couleurs appropriées fait toute la différence entre une apparence maladroite et peu convaincante et un rendu véritablement fidèle à l'époque. Les teintes privilégiées à l'intérieur comme à l'extérieur durant cette période pourraient bien vous surprendre.
Couleurs extérieures
Au XVIIIe siècle, les maisons coloniales qui n'étaient pas construites en briques étaient le plus souvent peintes en blanc. Les couleurs foncées telles que le noir, le cramoisi ou le bleu étaient réservées aux moulures, aux volets et aux portes. Les tons terreux — gris, beiges et bruns clairs — étaient également très répandus.
Intérieurs
À l'intérieur, en revanche, les demeures du XVIIIe siècle affichaient une utilisation bien plus audacieuse de la couleur. Mount Vernon, la résidence de George Washington située près d'Alexandria, en Virginie, en est un parfait exemple : ses murs étaient ornés de vert vif, de cramoisi rouge sang, de bleu cobalt et de bleu de Prusse. Dans d'autres habitations, les boiseries, les portes et les moulures étaient peintes dans des tons profonds et vibrants lorsque les finitions plus luxueuses s'avéraient trop coûteuses. Les murs eux-mêmes étaient alors recouverts de tons terreux économiques ou d'un simple badigeon de chaux. Le bleu étant particulièrement cher à produire, sa présence signalait souvent la richesse et le statut social des occupants de la maison.
Les peintures d'époque
Au XVIIIe siècle, les peintures au latex n'existaient évidemment pas. Les peintures pour bâtiment se composaient de trois éléments essentiels : un pigment, un liant et un véhicule (le diluant). Le pigment protège la peinture de la détérioration tout en lui conférant sa couleur. Le pigment le plus utilisé à l'époque était le blanc de plomb, qui protégeait non seulement les surfaces des rayons ultraviolets, mais prévenait également le développement des moisissures. La plupart des pigments colorés provenaient de la terre : ocres, terres de Sienne et ombres naturelles, fabriqués à partir d'argiles à oxyde de fer. Les pigments synthétiques comprenaient quant à eux le bleu de Prusse, le sulfure de mercure (cramoisi) et les composés de cuivre (verts). Le liant le plus courant était l'huile, généralement l'huile de lin, toujours employée de nos jours. Le véhicule — autrement dit la partie liquide de la peinture — était typiquement la térébenthine pour les peintures à l'huile, et l'eau pour les peintures à base d'eau comme le badigeon et la détrempe. Cette dernière s'appliquait généralement sur les enduits intérieurs.
Aucune formule standardisée
Contrairement à aujourd'hui, où il suffit de se rendre en magasin de bricolage pour acheter gallon après gallon de peinture de n'importe quelle couleur, aucune formule normalisée n'existait au XVIIIe siècle. Le type et les proportions des matériaux entrant dans chaque peinture étaient déterminés par le peintre qui la fabriquait lui-même. En général, les pigments étaient grossièrement broyés, puis mélangés à la main dans le liant selon des recettes propres à chaque artisan. Il en résultait des variations notables d'un seau de peinture à l'autre. Ce n'est qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle que les peintures fabriquées en usine ont commencé à apparaître sur le marché, offrant une meilleure constance de couleur, de viscosité et de composition.
Votre maison est-elle une coloniale d'origine ?
Les maisons coloniales d'origine portent sur leurs murs des dizaines de couches de peinture superposées au fil des décennies. Pour déterminer avec précision quelles couleurs ont été utilisées et à quelles époques, il suffit de prélever une section de ces strates jusqu'à l'enduit ou au bois d'origine, puis de la faire analyser au microscope et par des tests chimiques.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/decorating-colors-patterns/1007059020.html
