La fine bone china et l'ironstone désignent deux types de céramiques développées dans le Staffordshire, en Angleterre. Créées pour concurrencer les importations chinoises et améliorer les porcelaines plus fragiles de l'époque, elles partagent plusieurs caractéristiques : elles sont toutes deux résistantes aux chocs et aux éclats, contiennent de la « pierre à porcelaine » (china stone) en poudre dans leur pâte d'argile et prennent une couleur blanche éclatante à la cuisson. Pourtant, elles présentent des différences notables, tant dans leur composition que dans leur histoire et leur valeur.
La bone china : une porcelaine d'exception
C'est à Josiah Spode II que l'on attribue la mise au point de la formule définitive de la fine bone china, à la fin du XVIIIe siècle, dans l'atelier de poterie fondé par son père à Stoke-on-Trent, dans le Staffordshire. Son innovation majeure : l'ajout de cendre d'os au mélange traditionnel d'argile et de pierre.
Le résultat fut remarquable : une céramique translucide, d'un blanc pur et nettement plus résistante que la porcelaine classique. Cette solidité permit de créer des formes délicates sans craindre les éclats ni les cassures. Cependant, la rareté des matières premières et le savoir-faire spécialisé exigé firent de la bone china un article de luxe, inaccessible à la plupart des foyers de l'époque.
L'ironstone : la robustesse à prix abordable
Charles Mason, propriétaire d'une poterie à Lane Delph dans le Staffordshire, breveta en 1813 la formule d'une nouvelle céramique baptisée « ironstone ». Contrairement à la bone china, elle ne contenait pas de cendre d'os, mais un assemblage d'autres minéraux dont le feldspath.
Plus dure que la faïence ordinaire ou la porcelaine, l'ironstone prenait à la cuisson un blanc éclatant comparable à celui de la bone china, tout en étant plus épaisse et non translucide. Son coût de production nettement inférieur la rendit accessible au grand public. Lorsque le brevet de Mason expira en 1827, de nombreuses autres manufactures se mirent à produire leurs propres versions, sous diverses appellations : « graniteware », « stoneware », « hotel china » ou encore « pearl china ».
Collectionner la bone china
La fine bone china demeure aujourd'hui un achat haut de gamme. Les pièces anciennes européennes sont très recherchées par les collectionneurs, en particulier celles des manufactures anglaises telles que Spode ou Roslyn. On reconnaît ces pièces à leur glaçure parfaitement lisse et à leurs formes délicates. Les décors peuvent être très élaborés, souvent rehaussés de touches d'or ou d'argent.
Collectionner l'ironstone
L'ironstone et ses déclinaisons ultérieures ne sont devenus objets de collection que plus récemment. Leur glaçure présente une texture mate, parfois qualifiée de « peau d'orange ». Les décors les plus fréquents sont les motifs en relief, appelés « relief work », ainsi que des ornements simples évoquant des baies ou des gerbes de blé.
Les pièces les plus rares et les plus recherchées restent les ironstones d'origine signées Mason. Leur marque, imprimée à l'encre ou estampée sous la base, mentionne « Patent Ironstone China ». À partir de 1815, la marque standard arbore une couronne surmontant une bannière ; le nom Mason n'y figure toutefois pas systématiquement, ce qui demande une certaine expertise pour authentifier les pièces.
Source : https://jardin.98905.com/home-design-decor/art-home-accessories/1007057513.html
