L'épuisement des sols survient lorsque des terres mal gérées ne sont plus capables de soutenir les cultures ou toute autre forme de vie végétale. Ses conséquences vont bien au-delà de la simple baisse de production alimentaire : il accroît également le risque d'érosion du sol. Une bonne gestion des terres — incluant la rotation des cultures, l'apport raisonné d'engrais et des méthodes d'irrigation adaptées — permet de réduire considérablement ce risque.
Un phénomène ancien dans l'histoire agricole
L'épuisement des sols accompagne l'agriculture depuis ses origines. Le labour superficiel, le manque de fertilisation et la recherche de productivité à court terme au détriment de la viabilité à long terme en sont les principaux responsables. Au Moyen Âge comme dans l'Amérique coloniale, les agriculteurs misaient largement sur une culture unique. La terre était défrichée, puis semée, et les rendements restaient élevés pendant plusieurs années — jusqu'à ce que les récoltes échouent et que tout le système s'effondre.
La monoculture appauvrit le sol car elle prélève chaque année exactement les mêmes nutriments, sans jamais laisser à la terre le temps de reconstituer ses réserves naturelles.
La rotation des cultures
Après le Dust Bowl, ces violentes tempêtes de poussière qui ont ravagé les Grandes Plaines américaines dans les années 1930, des fermes expérimentales et de nouvelles stratégies agricoles ont vu le jour, et les cultivateurs ont bénéficié d'une meilleure formation. La rotation des cultures est alors devenue une pratique encouragée : les producteurs de maïs ont ainsi constaté une nette hausse des rendements en alternant maïs, soja et foin.
Les jardiniers amateurs profitent eux aussi de cette méthode. Évitez de planter des légumes de la même famille botanique au même endroit année après année. Les solanacées (tomate, aubergine, pomme de terre) devraient par exemple alterner avec une autre famille, comme les alliacées (oignon, ail, ciboulette). La rotation prévient non seulement l'épuisement des sols, mais limite aussi les maladies des plantes et les infestations d'insectes.
La fertilisation
Les champs laissés au repos ne restent pas nus : on y sème des cultures de couverture comme le seigle ou l'avoine. Celles-ci maintiennent le sol en place et, une fois enfouies par le labour, apportent de la matière organique et des nutriments précieux — d'où leur surnom d'« engrais verts ». D'autres fertilisants, sous forme de compost, de fumier ou d'engrais synthétiques, sont incorporés chaque année au sol.
Les jardiniers amateurs ont intérêt à faire analyser leur terre auprès d'un laboratoire spécialisé ou d'un service de vulgarisation agricole avant la première plantation, puis tous les trois à quatre ans. Les spécialistes y déterminent les teneurs en nutriments et fournissent des recommandations précises, adaptées à chaque culture et à chaque type de sol.
Un enjeu toujours mondial
Les communautés agricoles d'Afrique et d'Amérique du Sud risquent aujourd'hui d'épuiser leurs ressources pédologiques de la même manière que les agriculteurs de l'Amérique coloniale ou de la Grande Dépression. Elles défrichent les terres et pratiquent la monoculture, tout en affrontant des défis modernes supplémentaires, comme la dégradation chimique des sols due aux pesticides et aux polluants industriels.
Ainsi, même si des pratiques agricoles durables se sont largement développées aux États-Unis et en Europe, l'épuisement des sols demeure un problème mondial qui exige une action concertée à l'échelle internationale.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007049841.html
