L'automne offre aux jardiniers une ressource précieuse et entièrement gratuite : les feuilles mortes. Celles-ci peuvent être utilisées seules comme paillis ou intégrées à une recette de compost. Il est important de distinguer ces deux usages : le compost est un mélange de matières — dont des feuilles — décomposées jusqu'à devenir un véritable engrais naturel, tandis que le paillis désigne une couche de matériau étalée autour des plantes pour enrichir ou isoler le sol.
Les feuilles dans le compost
Le compost renferme des micro-organismes absents des engrais synthétiques. Ces organismes ingèrent et décomposent les matières végétales, libérant ainsi des nutriments dans le sol, que les plantes absorbent lentement et selon leurs besoins. La réussite d'un tas de compost repose sur l'équilibre entre matières carbonées (« brunes ») et matières azotées (« vertes »). Les feuilles constituent l'une des meilleures sources de carbone. Grâce à l'action de l'azote sur les matières carbonées, le tas monte en température jusqu'à atteindre les 55 °C nécessaires à une bonne décomposition. Un rapport idéal de 25 parts de carbone pour 1 part d'azote garantit un processus efficace. Parmi les autres matières brunes figurent la sciure de bois, la paille, le papier journal, le papier et le carton ondulé. La plupart des jardiniers amateurs comptent sur l'abondance des feuilles mortes pour fournir la matière brune de leur compost.
Les autres ingrédients du compost
Les matières vertes apportent l'azote indispensable à la montée en chaleur du tas, laquelle élimine les graines de mauvaises herbes, les œufs d'insectes et les agents pathogènes des plantes. Tontes de gazon, déchets verts du jardin, épluchures de légumes, sang séché, fumier de cheval sec, tourteau de coton et restes de fruits sont particulièrement riches en azote. Les matières brunes et vertes sont disposées en couches alternées, arrosées et aérées régulièrement pour accélérer la décomposition. Broyer les feuilles et les autres matériaux avant de les incorporer rend le processus encore plus rapide. Pensez à retourner le tas avec une fourche ou une pelle pour l'aérer. En deux semaines à quatre mois selon les conditions, vous obtiendrez un compost riche, friable et dégageant une agréable odeur de sous-bois.
Les feuilles comme paillis
Le paillis peut être confectionné avec de nombreux matériaux, dont les feuilles mortes. Il permet de conserver l'humidité du sol, d'apporter des nutriments en se décomposant, d'embellir le paysage, de limiter la pousse des mauvaises herbes et de réduire l'entretien des massifs floraux. Utilisées en paillage, les feuilles ont l'avantage d'être esthétiques et faciles à obtenir gratuitement, mais présentent l'inconvénient de s'envoler facilement et de se tasser avec le temps. Le paillis de feuilles doit donc être renouvelé chaque année. Certains experts recommandent même de composter les feuilles avant de les employer comme paillis afin d'améliorer leurs performances.
Utilisations au jardin
Le paillis de feuilles n'est pas considéré comme un engrais : les feuilles libèrent certes quelques nutriments en se décomposant, mais cela ne suffit pas à combler les besoins des plantes en croissance, qui requièrent 16 nutriments essentiels pour prospérer. En revanche, un compost mûr contenant des feuilles fournit tous ces éléments ; il peut être appliqué sous une couche de paillis de feuilles pour un effet optimal. Les arbres fruitiers profitent grandement d'une zone paillée d'un rayon de 90 cm à 1,20 m autour du tronc. Autour des fleurs vivaces, une couche de 5 à 8 cm de paillis de feuilles maintient le sol frais et humide tout au long de la saison.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/soil/1007006426.html
