Se rendre au jardin comporte toujours une part de risque. On ne sait jamais quand on découvrira que ses plantes préférées ont été dévorées par des insectes ou ont succombé à une maladie incurable. Pour limiter les dégâts, il peut être tentant d'éloigner les unes des autres les plantes susceptibles de contracter les mêmes maladies. Mais savoir si des fleurs comme les géraniums (Pelargonium spp.) peuvent transmettre leurs maladies aux légumes du potager est une question plus délicate qu'il n'y paraît.
Les géraniums sont souvent cultivés comme des annuelles, alors qu'ils peuvent vivre de nombreuses années dans les zones de rusticité 9 à 11. Dans ces régions notamment, la rouille et sa transmission représentent une véritable préoccupation.
Comprendre les champignons responsables de la rouille
On connaît des milliers d'espèces de champignons de rouille, appartenant à l'ordre des Pucciniales, toutes caractérisées par des fructifications aux couleurs vives : la plupart sont de couleur rouille, mais certaines sont jaunes, violettes, rougeâtres ou orange.
Bien que la rouille présente sur votre géranium ressemble beaucoup à celle qui touche le soja ou le maïs, chaque espèce de rouille exige des hôtes très spécifiques pour se reproduire. Ces champignons ont absolument besoin d'un hôte vivant compatible pour accomplir leur cycle : ils tuent rarement leurs hôtes, mais peuvent nuire considérablement à leur croissance et à leur rendement.
Hôtes floraux et légumiers : quel risque de contamination ?
Beaucoup de rouilles alternent entre deux hôtes différents pour boucler leur cycle de vie, mais la rouille du géranium constitue un cas particulier. Elle peut s'installer sur de nombreuses espèces du genre Pelargonium, mais elle ne survit exclusivement que sur les plantes de cette famille botanique.
Comme aucun légume n'est étroitement apparenté aux pélargoniums, vos géraniums malades ne peuvent donc pas transmettre leur rouille à vos cultures potagères. En revanche, si la rouille sévit déjà ailleurs dans votre jardin, elle peut apparaître par coïncidence en même temps que celle du géranium, car tous ces champignons prospèrent dans des conditions similaires.
Lutte culturale : prévenir la rouille au jardin
Une bonne circulation de l'air et un arrosage adapté sont les clés pour empêcher la propagation de la rouille, quel que soit le jardin. Les spores germent lorsque les températures se situent entre 15 et 21 °C, en présence d'humidité stagnante. En moins de six heures, elles peuvent germer dans les simples gouttelettes d'eau déposées sur les feuilles des plantes hôtes compatibles.
Arroser à la base des plantes est donc essentiel pour éviter la contamination entre espèces sensibles. Si votre jardin commence à être touché par plusieurs foyers de rouille, essayez d'arroser tôt le matin et d'éclaircir vos plantations afin d'améliorer la circulation de l'air. Parfois, la solution la plus simple consiste à retirer et remplacer les plants atteints, surtout en début de saison.
Traitement chimique : l'huile de neem
Si la rouille devient un problème sérieux et que vos géraniums comme vos légumes en souffrent, envisagez de traiter l'ensemble des plantes affectées en même temps. Même si les espèces de rouille diffèrent d'une plante à l'autre, elles peuvent toutes être combattues avec de l'huile de neem, diluée dans un pulvérisateur manuel à raison de deux cuillères à soupe par gallon d'eau (environ 8 ml par litre).
Pulvérisez le feuillage jusqu'à ce qu'il soit mouillé, sans toutefois dégoutter, en veillant à bien couvrir le dessus et le dessous des feuilles. Renouvelez le traitement au neem chaque semaine jusqu'à la disparition complète de tout signe de rouille. Cette huile peut aussi servir de préventif contre la propagation de la maladie, appliquée toutes les deux semaines sur les plantes à risque.
N'oubliez pas que le neem reste un produit phytosanitaire : lisez impérativement la totalité de l'étiquette avant toute utilisation.
Source : https://jardin.98905.com/garden-lawn/pests-weeds-problems/1007005886.html
