L'acajou est un bois dur tropical réputé pour sa profonde teinte brun rougeâtre. Depuis des siècles, il est largement utilisé pour les planchers, le mobilier, la construction navale et bien d'autres objets. Le XVIIIe siècle, âge d'or de l'ébénisterie, a vu l'acajou s'imposer dans les intérieurs les plus raffinés comme dans les plus beaux édifices, où il ornait aussi bien les pièces d'ameublement que les éléments architecturaux.
À cette époque, plusieurs techniques de finition permettaient de protéger ce bois précieux tout en révélant la beauté naturelle de son grain. Voici les principales finitions employées au XVIIIe siècle.
La gomme-laque
La gomme-laque était l'une des finitions les plus prisées du XVIIIe siècle. Il s'agit d'une résine naturelle sécrétée par un insecte, la cochenille laque (Kerria lacca), qui forme une couche durcie une fois appliquée sur le bois. Transformée en une formule liquide, elle servait à recouvrir l'acajou afin de le protéger contre les rayures et les dégâts causés par l'eau, notamment sur les chaises et les tables.
La gomme-laque se déclinait également en plusieurs nuances, allant de l'ambre à l'orange, en passant par le grenat, le blond et le transparent, offrant ainsi une grande liberté aux artisans selon l'effet recherché.
Le vernis
Le vernis était lui aussi couramment utilisé au XVIIIe siècle pour embellir et protéger l'acajou. Composé d'un mélange d'huiles végétales — huile de tung, de lin, de noix ou de soja — associé à de l'essence de térébenthine, il pénétrait le bois pour en intensifier le grain et la texture.
Certains vernis étaient combinés à des diluants minéraux afin d'obtenir une teinte plus foncée qui imprégnait durablement le matériau. À noter que le vernis sèche lentement et nécessitait souvent l'application de plusieurs couches successives pour atteindre la coloration profonde souhaitée.
La laque
Autre finition populaire pour l'acajou au XVIIIe siècle : la laque. Proche du vernis par son aspect, elle s'en distingue par son séchage rapide et sa composition non huileuse, à base de résines et de solvants. Ces derniers pouvaient toutefois provoquer des réactions allergiques ainsi que des irritations de la peau et des yeux. Avec le temps, la laque présentait aussi tendance à se fissurer, à cloquer et à foncer.
Son principal atout résidait dans la possibilité de la polir jusqu'à obtenir une douceur quasi miroir, particulièrement appréciée sur les grandes cheminées en bois et les planchers de bois dur.
La cire
Enfin, la cire constituait une finition très répandue pour l'acajou à cette époque. La cire d'abeille servait à faire briller et à polir des pièces autrement ternes. Dans certains cas, elle était mélangée à de la térébenthine pour faciliter son application et obtenir un rendu parfaitement lisse.
Pour venir à bout des zones rugueuses du bois, les artisans utilisaient un mélange abrasif composé de poussière de brique et de liège, appliqué avec la cire. Ce procédé permettait d'obtenir une surface lisse, uniforme et sans défaut, mettant pleinement en valeur la richesse de l'acajou.
Source : https://jardin.98905.com/furniture/dining-room-furniture/1007001056.html
