Un mur de soutènement subit des pressions considérables, et sa conception technique devient d'autant plus critique que le mur s'élève et que les contraintes augmentent. Afin de garantir la sécurité et la durabilité de l'ouvrage et d'éviter toute défaillance, il est impératif de respecter les directives et spécifications de construction applicables aux murs de soutènement en béton coulé sur place.
Considérations préalables
Un mur de soutènement est conçu pour résister à la pression latérale exercée par le poids des remblais qu'il retient, ainsi qu'à toute surcharge — c'est-à-dire un poids supplémentaire provenant d'une pente, d'une charge de véhicule ou des semelles d'une structure adjacente. Le mur doit également supporter la pression hydrostatique engendrée par l'accumulation d'eau dans le sol.
Lorsque la hauteur du mur de soutènement dépasse 1,20 mètre (4 pieds), un permis de construire peut être requis. Dans ce cas, la consultation d'un ingénieur est souvent une condition indispensable à l'obtention de ce permis.
Types de murs de soutènement
La conception structurelle d'un mur de soutènement dépend de la hauteur requise, dans le but d'accroître la résistance tout en utilisant les matériaux et la main-d'œuvre de manière économique :
- Murs poids : le type le plus simple, adapté aux hauteurs allant jusqu'à 3 mètres (10 pieds).
- Murs en porte-à-faux : composés de voiles d'épaisseur uniforme posés sur une semelle, ils conviennent aux hauteurs comprises entre 3 et 7,60 mètres (10 à 25 pieds).
- Murs à contreforts : lorsqu'on ajoute des supports à intervalles réguliers sur la face arrière d'un mur en porte-à-faux, on obtient un mur à contreforts, approprié pour les hauteurs de 7,60 mètres (25 pieds) et plus.
Les joints
Les joints sont des ruptures planifiées dans les structures en béton, destinées à maîtriser la formation de fissures. Entre deux coulages distincts se trouve un joint de reprise, par exemple à l'endroit où le voile du mur rencontre la semelle. À ce niveau, une clé de cisaillement, ou rainure, est formée dans la semelle afin d'améliorer la résistance du mur au glissement.
Des joints verticaux de retrait et de dilatation sont également prévus : ils empêchent le retrait du béton de provoquer des dommages et permettent la dilatation due aux variations de température. En règle générale, les joints de retrait sont espacés tous les 9 mètres (30 pieds), tandis que les joints de dilatation sont placés tous les 27 mètres (90 pieds).
Le drainage
Il est essentiel que l'eau s'écoule loin du mur de soutènement afin de réduire la pression hydrostatique qui s'exerce sur celui-ci. Pour cela, plusieurs mesures sont mises en œuvre :
- La semelle est posée sur un lit de gravier compacté et bien drainé.
- Un tuyau perforé est installé à la base de la semelle afin d'évacuer l'humidité loin du mur.
- Du gravier est utilisé comme remblai sur une distance déterminée à partir du mur, mis en place par couches de 15 centimètres (6 pouces) puis soigneusement compacté.
- Des barbacanes, ou trous de drainage, peuvent être aménagés dans le mur, avec des tuyaux insérés pour libérer l'eau contenue dans le sol.
En suivant rigoureusement ces principes de conception, de construction et de drainage, vous assurerez la longévité et la stabilité de votre mur de soutènement en béton coulé sur place.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/home-building/1007122839.html
