Un toit de chaume évoque immédiatement des images de cottages pittoresques et de l'Angleterre shakespearienne. Comme il est fait d'herbe et semble fragile, beaucoup de gens croient que la couverture en chaume est un art en voie de disparition. Pourtant, le chaume reste bien vivant, tant comme artisanat traditionnel que comme matériau de couverture moderne et durable. Un examen attentif de sa construction révèle pourquoi cette technique demeure une option tout à fait viable pour de nombreux propriétaires.
Les matériaux utilisés
Dans les îles Britanniques, où la couverture en chaume reste populaire, un toit de chaume est fabriqué à partir de bottes de roseaux d'eau attachés à une fine charpente en treillis de bois installée sur le toit de la maison. Les bottes mesurent environ 1,50 à 1,80 mètre de long. Des vis en laiton sont fixées au treillis de bois, et les bottes sont ensuite attachées à ces vis à l'aide de fil d'acier. L'ensemble est enfin coiffé d'un faîtage durable réalisé en paille de blé.
Les principes fondamentaux
Les toits de chaume exigent une ventilation parfaite, sans quoi ils risquent de moisir et de pourrir. La structure cellulaire du chaume rend chaque brin naturellement imperméable, mais l'eau s'écoule néanmoins à travers le chaume lorsqu'elle descend le long des pentes du toit. Une bonne ventilation garantit donc que le chaume sèche rapidement après chaque pluie. Le cadre en treillis remplit alors un double rôle : il assure la circulation de l'air et offre un point d'ancrage solide pour attacher les bottes de chaume.
Les étapes de la construction
Dans les réalisations de qualité, des vis en laiton sont d'abord installées sur la charpente. Les bottes de roseaux sont ensuite attachées aux vis en rangées successives, puis superposées à mesure que le travail progresse vers le sommet du toit. À chaque nouvelle rangée posée, les bottes situées en dessous sont à nouveau solidement attachées au cadre, créant ainsi un toit bien lié, parfaitement unifié et remarquablement résistant. Le travail doit être si serré qu'il devient difficile de glisser un doigt sous les roseaux. Quant aux faîtages, ils sont généralement confectionnés en paille de blé, plus souple que le roseau d'eau, et fixés à l'aide d'un poteau en bois.
Points à considérer avant de se lancer
En Angleterre, la couverture en chaume affiche un prix comparable à celui de l'ardoise ou de la tuile. En Amérique du Nord, en revanche, le coût augmente sensiblement en raison de l'importation des matériaux comme de la main-d'œuvre spécialisée. La plupart des chaumiers qui réalisent des travaux de qualité de ce côté de l'Atlantique se déplacent depuis le pays de Galles ou l'Irlande pour chaque chantier.
Il faut également savoir que le chaume est inflammable. Bien qu'il puisse être traité chimiquement pour résister au feu, obtenir l'approbation des autorités locales peu familiarisées avec ce type de toiture peut s'avérer complexe. De même, souscrire une assurance pour un bâtiment couvert de chaume peut parfois être difficile. Ces contraintes méritent d'être anticipées dès la phase de planification de votre projet.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/historic-restoration/1007029371.html
