L'architecture intérieure japonaise reflète l'ensemble du bâtiment et sa relation profonde avec la nature. Pour véritablement comprendre un intérieur japonais, il faut l'envisager dans sa globalité. La plupart des constructions japonaises sont réalisées dans le style sukiya, hérité des maisons de thé, un format architectural vieux de plus de 400 ans. L'intégration de l'intérieur de la maison à son environnement extérieur crée une unité caractéristique de cette tradition. L'espace circule librement, et le regard se pose sur la simplicité des pièces plutôt que sur les ornements. Le bois et les matériaux naturels sont privilégiés afin d'établir une harmonie entre les espaces intérieurs et le milieu naturel.
La structure
Les îles du Japon forment un ensemble de masses terrestres d'origine volcanique. Il existe donc peu de pierres exploitables pour la construction ou la sculpture. Le bois constitue ainsi le matériau de construction principal, et de nombreuses essences différentes sont employées à l'intérieur comme à l'extérieur des bâtiments : cèdre du Japon (sugi), pin rouge, cyprès blanc, châtaignier et bambou. Les murs étaient souvent réalisés en argile, façonnés directement à partir de la terre. Il n'est d'ailleurs pas rare de trouver des murs couverts de suie, ce qui leur confère l'apparence du bois.
Valoriser le minimalisme
Les maisons japonaises ne sont pas grandes. Elles sont conçues selon des formes géométriques affirmées afin de créer un intérieur ouvert, aux flux libres et sans limites visibles. Des paravents sont intégrés à l'aménagement pour offrir une intimité lorsque cela s'avère nécessaire. Les sols sont en bois, et la même surface se poursuit dans toute la maison, renforçant ce sentiment d'unité.
Les fenêtres
Les fenêtres s'étendent souvent du sol au plafond et invitent l'extérieur à entrer. Créer une harmonie entre la construction et la nature représente l'un des principes fondamentaux de l'architecture japonaise : le bâtiment doit faire partie intégrante de son environnement. Les shoji, cadres en bois garnis de papier de riz, constituent le revêtement traditionnel des fenêtres et servent également de cloisons intérieures. Unifier l'aspect général sans créer de diversion est essentiel à l'intégrité de l'architecture intérieure.
Le mobilier
Le mobilier bas, proche du sol, fait partie intégrante du style architectural intérieur japonais. Les futons disposés sur des tatamis pour dormir sont rangés chaque matin, invisibles durant la journée. La table à manger est accompagnée de sièges bas et discrets. Tous les accessoires sont réduits au strict minimum. Les couleurs se limitent aux rouges et jaunes terreux, le vert étant apporté par la végétation extérieure et les bruns par le bois de la structure elle-même. L'objectif est de créer une ambiance inspirée du zen, propice à l'introspection.
Curiosités fascinantes
Les planchers rossignol (uguisubari) sont des sols qui « chantent ». On les trouve généralement dans les temples : le son est produit lorsqu'une personne marche sur des lattes légèrement déformées, qui frottent contre les agrafes maintenant l'ensemble. Les maisons japonaises sont par ailleurs construites sans clous, grâce à un système d'assemblage à rainures reliant les supports horizontaux et verticaux. Quant au fameux rugissement du dragon, il se produit lorsqu'un son est piégé entre le sol et le plafond et que l'écho rebondit : les échos superposés créent alors ce son puissant évoquant le cri d'un dragon.
Source : https://jardin.98905.com/building-remodeling/architecture/1007031874.html
