Les produits anti-chenilles tapissent les rayons des jardineries, prêts à armer les jardiniers pour la guerre contre les insectes. Pourtant, les tomates cultivées maison perdent une partie de leur attrait lorsque les plants succombent aux attaques des redoutables vers cornus de la tomate. Pour les jardiniers biologiques, la meilleure façon d'éliminer ces chenilles consiste à privilégier des alternatives aux pesticides chimiques de synthèse.
Les plantes pièges
Le piégeage repose sur l'utilisation de plantes sacrifiées destinées à attirer les ravageurs loin des cultures potagères et ornementales. Les vers cornus de la tomate se nourrissent de solanacées, notamment les tomates, les poivrons et les aubergines. Cependant, nombre d'entre eux préfèrent l'aneth aux plants de tomates. Cultivé à proximité des tomates, l'aneth joue donc parfaitement le rôle de plante piège en attirant les chenilles. Il suffit alors de ramasser les vers à la main sur les plants d'aneth et de les jeter en pleine nature pour offrir un festin à la faune locale. Grenouilles, crapauds, serpents et oiseaux se régalent de vers cornus : cardinaux rouges, merlebleus, moineaux et pics en raffolent.
Bt et pyréthre
Bacillus thuringiensis (Bt) est une bactérie sporulante dotée de propriétés insecticides. Chaque souche cible des ravageurs spécifiques : le Bt kurstaki est ainsi redoutable contre les chenilles, en particulier les vers cornus à leurs premiers stades larvaires. Il contient une endotoxine qui tue les chenilles après ingestion. Le pyréthre, quant à lui, est un insecticide dit « de contact » ou « choc » : il paralyse rapidement le système nerveux des ravageurs touchés. Respecter scrupuleusement les instructions de l'étiquette garantit une application sans danger pour les abeilles domestiques, particulièrement vulnérables aux insecticides.
Spinosad et huile de neem
Selon Michael Merchant, entomologiste auprès du Texas Cooperative Extension, le spinosad est un insecticide biologique sûr et particulièrement efficace contre les chenilles. Son effet rémanent persiste jusqu'à quatre semaines, alors que celui du Bt ne dure qu'un à deux jours. Issu d'une bactérie présente dans le sol, le spinosad agit par voie digestive après ingestion. L'huile de neem, extraite des feuilles et des fruits du margousier (arbre de neem originaire d'Inde), agit quant à elle par suffocation lorsqu'elle est appliquée directement sur les chenilles. Michael Merchant décrit le spinosad comme « l'insecticide qui fait sourire les jardiniers bio ».
Travail du sol
Les vers cornus sont les larves de grands papillons nocturnes. Les femelles déposent leurs œufs sur les feuilles des plantes hôtes, dont la tomate. Après éclosion, les chenilles de la première génération traversent cinq stades larvaires avant de se nymphoser dans le sol. Les papillons émergent ensuite et pondent une deuxième génération d'œufs durant la même saison, répétant ainsi leur cycle de métamorphose, avec une différence notable : les larves de seconde génération passent l'hiver sous forme de chrysalides enfouies et n'émergent qu'au printemps suivant. À l'automne, après la récolte des tomates, labourer, herser ou biner le sol à la houe à long manche constitue une mesure de lutte très efficace. Selon Dan Pavuk, formateur auprès de l'University of Michigan Extension, ce travail du sol après récolte détruit jusqu'à 90 % des chrysalides en formation.
Source : https://jardin.98905.com/plants-flowers-herbs/growing-tomatoes/1007025379.html
